Avec la revue Dico 47, découvrez « le parler agenais » au travers de
quelques expressions locales savoureuses !
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A Visto dé nàs : au pifomètre. Se prononce à bisto dé nace. "À bisto de nàs, on en est au deuxième mot de ce dico". Du gascon à visto de nàs, à vue de nez.
Adissiatz : C’est le mot, amical, que nous utilisons entre Garonne et Lot et dans tous les pays circumvoisins, pour dire au revoir, ou bonjour, selon l’humeur. Les graphies divergent. Elles veulent toutes dire adichiatsss ! Adissiatz, donc.Aganit : c'est le grain de blé creux, donc par extension un gringalet. Signifie aussi "mort de faim" mais également "gros bouffeur". "Au banquet du rugby, ils avaient invité que des aganits. Résultat, il restait rien pour les autres !"
Alabetz : C’est un mot, une expression presque, que l’on ne trouve qu’à Agen et dans le territoire qui l’entoure. Alabetz se dit pour demander : "Tiens, tu es là, toi. Bonjour, comment vas-tu ? Tu te portes bien au moins !" L’avantage de ce parler que les vieux agenais appellent "patois" et que les plus jeunes qualifient à tort d’occitan, est sa concision. Mais c’est du gascon ! Alabetz ?
Amori : On ne sait pas trop pourquoi, en Provence, l’idiot du village est appelé "lou ravi". Sans doute parce qu’il l’est en permanence. À Agen et dans sa belle province, on préfère utiliser le mot "amori" qui est du gascon de cuisine. Le mot signifie "petit couillon" (grand couillon étant plus affectueux, est généralement réservé à la parentèle). Son utilisation remonte à la Croisade des Albigeois durant laquelle Simon de Montfort tenta d’imposer sa loi. Il avait un fils, Amaury. La population de l’Agenais l’aimait tant qu’elle donna son nom aux idiots des villages.
Anglès : Anglais évidemment. Mais ce serait trop simple. "Ils nous ont fait la guerre qui dura cent ans. Depuis ils n’ont pas cessé de nous emmerder, ont fait semblant de brûler (vive !) Jeanne d’Arc alors qu’ils l’ont épargnée. Nous ont battus en rugby, nous ont chipé les J.O et maintenant, nous achètent nos maisons !" Les anglès, ça commence à bien faire.
Aragna : Il s’agit bien sûr de l’araignée, mais ici le mot désigne le sexe de la femme. "Si quand j’avance, tu tarentules, comment veux-tu… ?" Du gascon aranha, araignée.
Argagnasses : Mauvaise période pour les femmes… et pour les hommes. "Pourquoi tu traînes comme-ça, au bistrot, ce soir ? Ta femme aurait ses argagnasses ?". Egalement appelé ragnagna ou "en période !" Mot d’une rare élégance dans un discours de repas de communion solennelle.
Arsouillas : Insulte typiquement féminine prononcée par les épouses quand leur mari rentre tardivement du bistrot. Signifie gros ivrogne. Ou sale ivrogne. "Si tu penses pouvoir me faire un câlin dans cet état-là, tu te mets le doigt dans l’œil, arsouillas !". Ce qui n’est pas très aimable. Ni câlin. Mot provenant évidemment du gascon arsoulhas et qui signifie homme qui boit et se dévergonde.Artaban : Si l’on feint de croire quelques lettrés prétentieux, on dira que cette expression est une référence au roman historique "Cléopâtre", paru au XVIIe siècle et écrit par Gautier de la Calprenède. Un des personnages, Artaban, était un individu extrêmement arrogant et fier. Depuis cette époque, l’expression "fier comme Artaban" est restée et désigne une personne trop prétentieuse. Cette savante explication est évidemment fausse. Artaban est un village gascon, aujourd’hui en partie détruit : il n’en reste que deux modestes ruines. Ce nom est désormais celui d’un lieu dit. Lors de la guerre de cent ans, les Anglais l’attaquèrent. Le chef du village, Paul Rouncats, organisa la résistance. Avec fierté. Ce n’est pas lui qui en tira gloire mais son village, le fier Artaban. Calprenède vola cette histoire pour écrire son roman.
Atal : identique, ainsi. "Je n’ai jamais vu un tchoul atal !". Dans cette expression, atal prend le sens d’aussi beau, mais si le tchoul est moche, le même "atal" peut signifier laid. Ce sont les merveilleuses difficultés du parler Agenais.
Atch : Se prononce Hâtche. Peut vouloir dire "Ho la vache !" mais pas seulement. Atch se dit lorsque l’on constate que l’eau est mouillée, que le feu brûle, qu’une épouse râle. Ce qui donne : "Atch, il pleut !" ou encore "Atch, il fait chaud !" ou enfin "Atch, elle commence à me les gonfler sérieux !". S’accompagne souvent de deux autres mots fort singuliers : "Atch de con !" qui potentialisent un peu l’inutilité absolue de cet atch intraduisible, mais lui donne tout de même bien du charme. Expression que l’on retrouve par exemple dans la phrase : "Atch de con, quel bel essai il leur a mis !". Si l’on assiste à un match de rugby, atch de con suffit puisque l’expression ne se prononce que lorsqu’un essai est marqué. Tandis que si l’on n’assiste pas à un match de rugby, il apparaît évident que "atch de con" est totalement inutile.
Ater : Verbe signifiant "regarder" et plus vraisemblablement "mater" dans le sens de : "mate le beau tchoul !". S’utilise surtout à l'impératif : "Ate la fille qui passe !" ou encore "Ate-le ce grand couillon, il nous a même pas vus !". Dire "ne nous a même…" serait d’un ridicule achevé. Parisien, en somme.
Avé plésir : expression agenaise d’une grande délicatesse qui manifeste exclusivement le bonheur. La réponse à cet aveu est : "pareillement". "Je t’aide avé plaisir" ! "Et moi pareillement."
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Banane : Il s’agit simplement d’une "mauvaise note". Exemple : "Ate ce qu’il m’a mis, le prof ; à force de bader le tchoul de ta sœur, j’ai fini par me prendre une banane !". Et un ramponeau ( voir ce mot) parce que le beau-frère veut que le futur époux de sa soeur ait de l’instruction.
Bananer : Verbe qui signifie "essuyer un refus, un échec". Il peut être scolaire ou sociétal. Exemple : "Ate ça ! Ate ! À force de lui regarder le tchoul, à ta sœur, je lui causais pas et quand je l’ai invitée, je me suis fais bananer !Elle était partie avec un autre !"
Barouf : Nom signifiant tapage. Exemple : "Ate ça ! Ate ! Le patron, il me bade même plus. Faut dire qu’hier soir, putain con, on lui a foutu un barouf pas possible dans son bistrot !". Le barouf est un tapage qui parfois s’encanaille avec le bordel. "On lui a mis un barouf, hier soir, t’aurais vu le bordel !"
Batailler : Verbe qui ne signifie absolument pas se battre, sinon pour les enfants. "Hier soir, avant de foutre le barouf dans le bar, on avait commencé à batailler rugby !" (parler rugby rudement). Rude mais correct. Du gascon batalhar qui a pris le sens de discutailler sans fin. D’argumenter sans cesse.
Bantariol : Ventard. "Les joueurs d’Auch, ce ne sont que des bantariols !", des marioles en somme.
Béchir : Péter. "Il t’a lâché un de ces béchits, on se serait cru à Lac. On se demande même s’ils ne vont pas l’embaucher, là-bas !"
Bécùs : Nom signifiant vélo. Vient certainement de bécane. (marque Moto-bécane). "Mon père m’a payé une bécane". Mais comme les bécanes possédait un moteur, on lui préféra le diminutif bécus. "Tu me croiras si tu veux, mais moi, j’allais de Moncrabeau à Cap-Breton en bécus ! Ça te fait bader, hien ! Ate les mollets que j’ai encore !" (Robert Galvanico). Une bécane était autrefois (1840) un mauvais cheval.
Bergamas(se) : Insulte suprême destinée à une personne à qui il ne faut absolument pas faire confiance. Date de l’arrivée des jeunes italiens en Lot-et-Garonne, en 1920 environ. Seuls, sans famille, ces jeunes qui débarquaient du Frioul sur le sol gascon pour remplacer les fils du pays morts durant la guerre de 14/18 travaillaient dur. Très dur. Mais le dimanche, s’il n’y avait pas bal, il y avait bistrot. L’alcool aidant, ils se livraient à quelques fantaisies associales qui n’amélioraient pas leur réputation. Et comme ils étaient italiens, ils venaient forcément de Bergame, ville italienne de Lombardie annexée à l’Autriche (un temps). Les filles qui faisaient la fête avec eux – après l’hécatombe des tranchées, il ne restait pas beaucoup de mâles français – étaient évidemment des "bergamasses". Des "Marie-couche-toi-là", en somme. Sauf qu’elles ne couchaient qu’avec ceux qu’elles épousèrent bien vite et qui ont fait la Gascogne, sa coppa, sa polenta, son rugby, ses maçons, etc.
Bicle ou biclou : Nom signifiant également vélo. "Ate ! Ate bien ! Il est tellement rapide, mon bicle (biclou) qu’il pourrait monter le rapillot tout seul, si je voulais". Le mot vient probablement de bicycle auquel fut rajouté le terminal "o" qui se prononce "ou" en gascon. Et comme les gascons n’ont besoin que d’un "I" et surtout pas d’un "Y" grec, ils ont envoyé cette voyelle méditerranéenne se faire voir. Bi-cycle est devenu bicle ou biclou.
Bietaze : Ce joli mot, qui pourrait littéralement se traduire par "sexe d’âne", veut dire bien autre chose ! Du reste, que ferait-on d’un tel organe dans les rues d’Agen ou sur les chemins de l’Agenais ? D’ordinaire, l’élégant vocable manifeste l’étonnement. La grosse surprise ! Il n’a pas de sens péjoratif ni grossier. Il est même fréquent que de vieilles demoiselles, au marché, demandent au jeune vendeur du banc primeurs s’il a un bietdaze. Ce à quoi le jeune homme, sans la moindre gêne, lui répond qu’il a le plus beau du marché et il va chercher l’aubergine attendue par l’acheteuse, la courgette espérée ou le concombre tant désiré. La mamé, contente du volume du légume, s’écrie : Bietdaze. Heureuse, en somme.
Bimbarolles : Nom d’origine gasconne, bimbarolas, qui signifie exactement phosphènes. Autrement dit étoiles bourdonnantes ou plus prosaïquement trente-six chandelles. "Y m’emmerdait tellement, ce grand con de talon, que sous la mêlée, au premier pugnat, je lui ai foutu une ramponeau de première, il en a vu mille bimbarolles. Ate ! Ate ! Je parie qu’elles tournent encore dans sa tête !"
Biture : Nom à l’origine incertaine, peut-être maritime, pour évoquer la démarche d’un marin sur un bateau qui tangue. Nous préférons - et de loin - l’hypothèse qui veut que les ancêtres des gascons, les bituriges vivisques, qui cultivaient la vigne ici, avant l’arrivée de Jules César, aient donné leur nom à l’abus de vin. Bref, à la cuite. Ce qui signifie que s’il nous arrive parfois, dans ce pays, de boire un peu plus que de raison, c’est simplement pour rendre hommage à nos ancêtres "inventeurs" de la vigne bordelaise : les bituriges. Faudrait peut-être que les magistrats ne l’oublient pas trop souvent. Inutile d’évoquer gendarmes et policiers, ils savent depuis toujours se faire aimer du pays où ils exercent. Et ici, nous les aimons beaucoup, les flics et les pandorres ! À la vôtre, les gars ! Tandis que les juges…
Biturer : Verbe intelligent et historique, se rattachant à l’explication qui précède et qui signifie simplement : rendre hommage aux ancêtres. Se biturer n’a donc rien de répréhensible puisque c’est simplement commémoratif.
Bou-du-con : Intraduisible mais démontrant de manière éclatante l’esprit de synthèse du peuple de l’Agenais puisqu’en français, "bou-du-con" veut dire : "Eh bien ça, c’en est une de nouvelle et je suis bien surpris que vous me l’annonciez. C’est terrible ! Va falloir qu’à mon tour que je la délivre à ceux que je connais !"
Bon-papa : Nom que l’on donne en Gascogne –et uniquement là– au grand-père. Bien plus disponible qu’il ne le fut pour ses propres enfants, le bon-papa, que la modernité des temps appelle ridiculement "papy", donne à sa petite descendance l’affection qui lui manque. Et la patience. Et son savoir des choses de la vie qui sont autant d’astuces et de trucs rigolos : pêcher les écrevisses, trouver les champignons, capturer les truites à main nue, etc. Quand on dit à un enfant "Va voir bon papa !", il ne se fait généralement pas prier. En gascon, le grand-père se dit "pairbon". C’est devenu bon père.
Bon peu (un) : Beaucoup. "Pour l’avoir, la Germaine, il faut un bon peu de pognon !". Du gascon un bon pauc.
Bonnard : adjectif qui signifie "c’est bien !". Ce mot, fort laid, est venu de Paris où tout est "bonnard" et parfois même "vachement bonnard !". Les jeunes gascons devenus fonctionnaires à la Poste ou à la SNCF à Paris, apprirent cette ridicule coutume de tout trouver bonnard. Ils la ramenèrent au pays et les grands couillons qui y étaient restés, épatés par leurs copains qui avaient déjà pris l’accent, l’adoptèrent. C’est pas très bonnard.
Bonne-maman : Même chose que pour le bon-papa deux mots plus haut. La bonne-maman fait des crêpes à bader. "Ate comme elles sont fines. Et bonnes !" Vient évidemment du gascon "mairbona" : la grand’mère. Une marque de confiture a chipé ce nom à la Gascogne.
Boufe : Sorte d’amabilité fraternelle que s’envoient, sous la mêlée, les joueurs de rugby au tempérament chatouilleux. Le synonyme français pourrait être "baffe". Du genre : "Ate ! mais ate, putain ! Le quatre, il vient de me te mettre une de ces boufes au talon… Il en a vu des bimbarolles". Le mot vient du gascon "bofa" qui signifie belle giffle ou encore giffle appuyée.
Bouléguer : Verbe qui signifie secouer, remuer, bouger. "Ate ! Ate comme elle boulègue bien son tchoul, celle-là !". Souvent entendu également : "Si tu t’étais un peu plus boulègué le cul (tchoul) on n’aurait pas pris vingt points dans la tronche contre ces nuls d’Auch !" Avant de jouer à la belote, certains aiment bien boulèguer les cartes. Ce mot fort aimable vient évidemment du gascon bolegar, qui signifie remuer.
Boulard : Ce nom désigne d’abord les grosses boules en bois qu’utilisent les joueurs de quilles ou de rampeau (vieux jeu gascon). Pour imiter les grands, les enfants, à l’école, lorsqu’ils trouvaient, volaient ou gagnaient une grosse bille en verre, lui donnaient le nom de "boulard". Le mot vient du gascon bolard, qui signifie grosse boule.
Boulbène : Nom d’un terre légère, de couleur blanche ou rouge, qui devient poussière au soleil. "La boulbène, c’est pas bon pour la vigne mais pour le blé, par contre…" Ce mot vient du gascon bolbena.
Bourriquer : Plutôt "baiser" que faire l’amour. "Hier, pendant que tu me réparais la voiture, j’ai bourriqué la femme du boulanger. Elle t’a de ces miches !" Ce qui prouve qu’il n’y a pas que les chefs de gare.
Braguer : Verbe signifiant rajuster un vêtement et plus exactement un vêtement du haut dans celui du bas. "Si tu te bragues pas le maillot, on va croire que dans la mêlée, tu t’es fait bouffer par ceux d’en face !" Du gascon bragas qui signifie pantalon.
Branler : Signifie "faire" mais avec une petite connotation interrogative et péjorative. "Mais qu’est-ce que tu branles ?" La réponse est souvent "rien", même si effectivement, le branleur branlait. Il existe aussi des branleuses. Plus ou moins douées.
Branlée : Ce nom féminin n’a strictement aucun caractère sexuel. Il est même terriblement musclé et équivaut à rouste. "Samedi, les agenais se sont pris une de ces branlées, je te dis pas !"
Brave : Adjectif signifiant aimable, serviable, gentil et parfois carrément couillon. "Ta sœur, elle est bien brave. Elle vient me laver mon maillot après chaque match, à la maison !" Ce qui est une façon intelligente de dire : "Si elle continue, peut-être que tu deviendras mon beau-frère !"
Buffée : Mot signifiant grosse engueulade. "À l’autre, je te lui ai mis une de ces buffées. Il faisait venir ma sœur chez lui après chaque match, le soir, pour laver ses maillots. Tu penses qu’elle lavait ses maillots… tsss !" Vient du gascon bufada, soufflée. Bref, c’est une tempête.
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Cacou : Non signifiant "kéké" ou frimeur. Le mot vient du corse caccu, qui donna cacou en marseillais, gagna tout le Golfe du Lion puis, par le canal du Midi, remonta jusqu’à Bordeaux en passant par Agen où, en rugby, on ne joue plus du tout les cacous. Enfin… pas trop !
Cagade : Une cagade est un échec, un ratage devenu par extension une chiure. "J’ai voulu faire une belle affaire en lui rachetant sa bagnole, ça a été une cagade totale !". Du gascon cagar : y aller....
Cagadols : Endroit que les apeurés du mot appellent "le petit coin", même si c’est pour y porter la "grosse commission".
Cagagne : Elégant mot féminin qui laisse supposer qu’on a laissé passer la chance. "En ce moment, j’ai la cagagne. Je rate tout !"
Cagagnoùs : Cet adjectif désigne celui qui est sale, dont le vêtement est taché de boue ou d’autre chose qui pourrait ressembler à un quelconque excrément. "À la fin du match, on était tous cagagnous."
Cagaïre : littéralement, emmerdeur . On en trouve partout, singulièrement chez les banquiers, gendarmes, magistrats, arbitres. Bref, chez ceux qui ont, momentanément, une certaine autorité et pour fonction provisoire de faire caguer les autres, jusqu’au jour où, à leur tour, ils en cague. Ce qui est d’une grande satisfaction pour les anciens cagueurs. Certaines femmes sont singulièrement cagaïres. La nôtre surtout. Mais pas nous !
Cagasse : Plaisant mot féminin désignant élégamment la diarrhée ou même la colique. "La veille, chez Gaston, on avait fait apéro-discussion. Et ça a duré. Le lendemain matin, je t'avais une de ces cagasses..." Vient du gascon cagassa, colique.
Cagnàs : Comment ce mot, dont le « S » final se prononce avantageusement, peut-il signifier en français de cuisine "grosse chaleur" alors qu’à l’origine, en gascon, "canhas" veut dire "flemme" et plus vraisemblablement "grosse flemme" ? Par extension sans doute puisqu’une grosse flemme peut être la conséquence d’une grosse chaleur. Le mot "cagne" signifie pour sa part "flemme" alors que le gascon "canha" veut dire "chienne".
Cague-molle : Jadis, à l’époque bénie où les Dieux étaient nombreux en Agenais, les toilettes n’étaient pas fréquentes. Une haie bien fournie servait d’abri à toutes sortes d’épanchement amoureux ou d’évacuation intestinale. Les bonnes haies étaient très fréquentées et les commentaires nombreux. La consistance des émissions permettait de donner un aimable surnom à l’auteur des selles. Cague-molle est le plus aimable. Il veut dire chieur mou. On trouvait même un cague ficelle, ce qui veut dire que les femmes gasconnes savent à peu près tout cuisiner. Même en temps de pénurie.
Caguer : Verbe libérateur qui signifie littéralement "chier". Il arrive parfois que quelque tracassin "nous cague une pendule" si l’on est en retard. Du gascon cagar, chier.
Caguer : (s'en) Ce mot d’une vulgarité inouïe se trouve assez souvent dans la formule : "Je m’en cague !" Autrement dit "Je m’en fous !". L’amabilité vient du gascon "cagar" qui signifie y aller.
Cailler : Générer du froid. "Boudu con ça caille ! On supporte le slip, ce matin !". Elégante manière de dire que l’on a froid. Donc en Agenais, on entendra rarement "On se les caille", ou encore "Ça caille ferme !", ou enfin "J’ai les coucougnes caillées !" puisqu’il y fait toujours beau.
Came-crude (ou cruse) : Littéralement jambe à cru, donc nue. Une très antique légende gasconne raconte qu’une femme nue des pieds jusqu’à la taille, montrant donc son aragna et par conséquent toutes ses jambes, jusqu’en haut, venait nuitamment voler les hommes dont les épouses n’étaient pas aimables. Pas aimables au lit et avec leur mari, s’entend. Aujourd’hui, la came-crude est une méchante sorcière dont on menace les enfants lorsqu’ils ne sont pas sages. Ça marche tant qu’ils ne connaissent pas l’origine de son nom. Dès qu’ils savent que la "jambe nue" est une espiègle amoureuse, le nombre de bêtises amplifie. Cette période se situe généralement durant l’adolescence.
Caner : Verbe signifiant mourir et plus vraisemblablement crever. "C’était tellement dur, devant les gros d’Auch, que j’ai failli caner en mêlée !" Il va caner. Je suis cané.
Cansalade : poitrine de porc roulée, salée et poivrée. "T’amènes la cansalade, moi le pain et le vin et on se fait un petit tiap avant d’aller au bal. Ça nous donnera des forces pour les gonzesses !" Du gascon carnsalada, chair salée.
Cap : tête. Elle peut être de nœud, de con, etc.. Chez les piliers d’Auch on parle de "cap-de-cul". Ce qui est grandement exagéré. Cap-de-fesse, peut-être, mais de cul…
Care : Gène, honte. "La care qu'il s'est tapée quand la gonzesse lui a dit non !" Du gascon cara, visage, mais avec le sens de drôle de visage.
Carrer(s'en) : Verbe probablement issu de caguer (s’en caguer) qui signifie donc s’en moquer ou plus vraisemblablement s’en foutre. "Elle m’a dit non, mais si tu savais comme je m'en carre".
Cartable : Claude Nougaro chantait qu’à Toulouse –mais c’était aussi le cas à Agen– les cartables "sont bourrés de coups de poings". Ici, nous n’avons retenu que bourré. Quand on est cartable c’est qu’on est bourré. "Hier soir, à la troisième mi-temps, ils se sont mis cartables !".
Casse-berles : Façon élégante de dire casse-couilles. Les berles sont des boules.
Castapiane : Vérole. "Ta cousine, qui jouait les pimbêches, elle m’a refilé la castapiane. Tu parles d’une sainte-nitouche…"
Castagne : Joli mot féminin pour désigner un marron ou un coup de poing. Prend aussi le sens général de bagarre. "Ils ont voulu relever la mêlée, alors y’a eu castagne !". Du gascon castanha, châtaigne. "Castagne" est aussi la manière agenaise de dire par le geste : je ne suis pas du tout d’accord. Ici, "même les mémés" les aiment. Et en ont plein les bras pour les offrir à ceux qui veulent chiper leur musette. La castagne identifie également une méthode amicale de se dire des choses qui le sont moins.
Cézet : Roi mythologique des Gascons. Son règne improbable fut merveilleux puisqu’en son temps le peuple connaissait le bonheur absolu : les canards étaient toujours gras, les cochons noirs, les cèpes dodus, le vin charnu, les femmes aimables et n’avaient jamais de migraine.
Chèvre : N’a de sens que lorsque l’on rend quelqu’un chèvre. Signifie rendre dingue. "À chaque mêlée, je lui tordais la tête, au talon. Ça l’a rendu chèvre". Vient du gascon cabra. Vient probablement du fait que celui que l’on a rendu chèvre en fait tout un fromage.
Clamser : S’utilise aussi en "clapser" et peut avoir plusieurs sens : mourir, s’évanouir, être dans les vapes. "Je lui ai foutu un ramponeau, j’ai cru qu’il allait clamser."
Clouque : Se dit d’une maman qui protège trop son enfant ou d’une fille un peu forte, ce qui est rare. Du gascon cloca, le "o" se prononçant "ou". Le mot signifie poule couveuse ou glousse.
Clugner : Verbe ayant plusieurs significations. Il peut signifier "se cacher les yeux" en attendant que le copain se cache : "Maintenant, c'est toi qui clugnes !" Du gascon clunhar, ou clunhet, cache-cache. S’utilise aussi dans les palombières où, selon les secteurs de la Gascogne, on pose des clugnes ou des cluques sur les yeux des palombes pour les aveugler.
Cluques : S’utilise toujours au pluriel puisque les cluques se mettent sur les yeux qui sont en général deux. Peut vouloir dire lunettes, mais c’est douteux car quand le gascon se parlait couramment, au temps béni du roi Cézet, les lunettes n’étaient pas encore inventées. Du gascon clucar, cligner des yeux. On met des cluques sur les yeux des appeaux dans une palombière. Vient soit de clouque : poule qui couve et ferme les yeux, soit de clugne, qui signifie cacher.
Collègue : ami, copain. Très utilisé à Marseille et par les pieds-noirs. "Ho, collègue, tu la joues, cette boule ou tu la bouffes ?" L’utilisation de ce mot prouve deux choses : soit que les marseillais savent exporter leur vocabulaire, soit que les pieds-noirs se sont bien intégrés à la Gascogne. Soit les deux.
Commissions : Mot qui facilite la confusion, comme retraite en Portugais, qui signifie toilettes. En Agenais, le mot a un double sens : aller aux commissions veut dire "aller faire ses courses" ou encore "aller aux toilettes". Certains, profitant des magnifiques installations sanitaires proposées dans quelques (mais rares !) grandes surfaces font les deux en même temps. Il y a dans les deux cas, la grosse et la petite commission.
Commode : "Dis donc, elle est pas commode ta femme. Paraît qu’elle te fait la tronche chaque fois que tu rentres bourré. Tu dois pas rire tous les jours". Mot signifiant aimable
Con : Mot très courant en Agenais ayant plusieurs significations. Peut vouloir dire idiot, mais peut revêtir un sens plus affectueux. Voici un texte, que beaucoup se sont appropriés, ont lu ou ont diffusé comme étant dû à leur plume et à leur talent alors qu’il fut écrit et publié par notre ami Michel Gardère, dans l’Evénement du Jeudi, à la demande de Jean-François Kahn qui avait consacré un numéro complet de son journal "aux cons !".
Comme on le sait peut-être, il y a quelques années, la cour d'appel d'Agen a considéré, en vertu de son pouvoir discrétionnaire, mais surtout avec beaucoup d'intelligence et de sagesse, qu'il n'était pas utile de condamner un homme qui avait qualifié un de ses semblables de "con". L'histoire est d'autant plus piquante que le "con" en question était Procureur de la République, il s’appelait Gérard Loubens.
L'attitude des magistrats agenais est fort compréhensible : il suffit d'écouter les conversations ordinaires des jeunes gascons pour comprendre le refus des juges de punir l'auteur d'un prétendu gros mot, bien maigre en réalité, puisque composé de trois lettres alors que Cambronne est passé à la postérité pour un mot qui en compte cinq.
Voici ce que peut donner, au coin d'un bar, à l'heure émouvante de la pastisade du soir, une conversation agenaise anodine. Il faut tout de même que le bar soit convivial : "On était à la fête, con, et on a dragué, con, plein de belles gonzesses, putain con !". Phonétiquement, pour bien apprécier la haute portée poétique du dialogue, il faut ajouter un "g" au "n" final du vocable. Le con se prononce cong.
Il y aurait grande bêterie à se méprendre sur l'inculture apparente de ce dialogue. Entre Garonne et Pyrénées, le mot "con" ne pèse pas plus qu'une virgule. Tout juste est-il là pour permettre de mieux entendre la ponctuation alors qu'elle est muette par vocation. "Con" est donc une sorte de surligneur, de mise en exergue, un véritable temps de respiration au cœur de la phrase comme le fait la pause dans une partition musicale.
Au sud de la Loire, le vocable "con", essentiellement ponctuatif, n'est injurieux qu'accompagné d'un qualificatif potentialisateur. Dans ces pays, le "con" ordinaire est éminemment gai, joyeux, sympathique ; à la différence du "triste con" que nous croisons tous les matins en allant au travail et qui non seulement est triste, mais dont la funeste connerie ferait presque pleurer de chagrin :"Quel con !"
Tout aussi péjorative est l'expression : "petit con". Dans ce cas, le "petit" apporte une conno-tation peu flatteuse. Non seulement X est "con", mais en plus son comportement est "petit". Indigne d'un grand, quoi. X ne deviendra jamais Président de la République. ...Ou alors, c'est qu'on est con !
Ce qui n'est pas très grave puisque ce cher Antoine Blondin, disait que pour vivre heureux, il faut être "un peu con !"
Toutefois, si un râleur avait préféré qualifier X de "grand con" cela ne changerait pas grand-chose au mépris contenu dans le qualificatif complémentaire. Grand ou petit, un "con" l'est vraiment et le reste. Surtout X et quelque Président de la République.
Il en va de même pour le "gros con" qui semble éprouver une certaine jouissance boulimique à exhiber son excédent pondéral. L'embonpoint se cultive. Un gros "con" est un "con" volontaire qui cherche à s'améliorer dans la connerie, à la grossir. Il s'agit d'une forme d'esthétisme malsain, de dandysme connard. Le "gros con" est presque une pouffiasse. Il est bouffi de connerie, gras, adipeux. Il est "con" au point d'en dégouliner de partout.
Le féminin "grosse conne" revêt les mêmes particularités auxquelles se surajoute comme à plaisir l'inélégant terme "grosse". Il va de soi que cette dernière insulte n'a de poids, de vigueur et de saveur que si elle s'adresse à un homme qui se comporte de manière méchamment machiste. Dire à un homme qu'il est une "grosse conne" est une insulte suprême. Une femme ne peut jamais être grosse et conne.
Ou alors c'est rare.
Le "con fini" est et restera irrémédiablement "con". Il est irrécupérable. Achevé, comme le serait un grand-œuvre. Le "fini" est toujours responsable de cet achèvement. Il sait qu'il est"con" mais il a voulu perfectionner le genre. Son comportement n'est pas très différent de celui du"sale con". Ce dernier est en effet le cas le plus redoutable, le plus pernicieux, le plus puant. Il empeste ! Normal, il est sale. Il est possible d'être un "pauvre con" sans l'avoir voulu. Excepté les Franciscains, personne ne choisit d'être pauvre. Tandis que "sale"...
Tout le monde peut se débarbouiller. Même un con !
Avoir une "tête de con" n'est pas rédhibitoire. On ne choisit pas sa tête. Par contre on peut choisir de devenir un "vrai con". Il s'agit d'une forme de culture, de recherche forcenée de la connerie qui peut parfois prendre des années. L'armée s'est spécialisée dans ce genre d'entreprise. Il lui arrive d'exceller dans cet exercice et, dans les bons jours, elle parvient à transformer de "jeunes cons " en "vieux cons" en trois jours.
Quand elle ne les tue pas.
Il y a pire. Ceux qui sont "cons comme la lune" ne peuvent rien changer à leur triste sort. Toute leur vie, ils resteront "comme des cons" même s'ils affirment qu'ils ne sont "pas plus con qu'un autre !" Eux-mêmes reconnaissent leur connerie. Ils sont "cons comme des trous". Ils n'aimeraient pas pour autant être qualifiés de "connard". Ce dernier cas, qui fut jadis l'objet d'une longue étude, s'avère être incurable. La connerie le gangrène morbidement. Cette appellation, en général, se suffit à elle-même et ne justifie pas l'accompagnement d'un qualificatif désobligeant. Quoique "grand connard " sonne bien à l'oreille. Gros aussi, du reste. "Petit connard", à la limite, pourrait encore passer, mais il ne faut pas trop en rajouter.
Passons sur les approximations du genre "bougre de con" ou "espèce de con" qui, selon nous, font doublon . Dans le second cas, c'est l'espèce qui est "con", quasiment la race, et il n'y a rien à faire. On ne solutionne que très difficilement un problème génétique, sinon par le génocide. S'agissant du "bougre", comme en politique, il ne devrait pas être permis de cumuler. Un con est difficile à supporter, un bougre également, alors, imaginez le "bougre de con" !
Plus affectueux, sans doute, est le "mon con" que l'on s'approprie volontiers car on le reconnaît pour sien. Pour soi, presque, faisant partie de la famille. C'est un peu le "mon chou" du début du siècle. Toutefois, un"con" qui vous appartient, peut, pour un rien, devenir le"con" d'un autre. Il vous fait cocu. C'est "con"
"Joli con" nous trouble et nous intrigue puisqu'il semble qu'il puisse y avoir des"cons" jolis, possédant du charme. Malgré de longues et fastidieuses recherches, nous n'en avons pas trouvé. Jacques Brel qui chanta : "beau et con à la fois" s'est donc trompé. Il ne s'agit que d'une phrase de poète romantique. Un con est forcément laid. Surtout à l'intérieur.
Pour conclure (Si ! Si !) cette pertinente étude de manière pas trop conne, il convient (Si ! Si !) de citer une remarque pleine de bon sens faite par un de nos éminents collègues : "Pour écrire un papier sur ce sujet, il faut être vraiment "con".
La réflexion n'est peut-être pas"si con" !
Un con moyen…
…Michel Gardère
Post scriptum récent. Nicolas Sarkozy qualifia de "pauvre con" un homme qui le méritait peut-être. Nous n’allons pas ici lui reprocher ce qualificatif si sudiste. Toutefois, une question se pose : Nicolas aurait-il répliqué aussi vertement à un "riche con" ? Nous en doutons.
Il est vrai que les cons ne sont pas riches. Ou le contraire. Ou les deux !
Connerie : On ne peut que l’avoir. "Ce pilar, il a la connerie aujourd’hui. Ça fait trois fois qu’il se fait siffler par l’arbitre pour ses ramponneaux et il continue. Ate ! Ate ! Je te dis qu’il a la connerie !"
Cono : Plus aimable que connard que les Agenais n’utilisent pratiquement pas, le cono s’adresse essentiellement aux Parisiens et à leurs cousins des grandes villes qui se croient quelque chose. "Quel cono, celui-là, qu’est-ce qu’il se croit !" S’utilise fréquemment en voiture. Pour insulter un 75, un 33, plus rarement un 31.
Cornac : Bestiole épouvantable dont on menace les enfants pour qu’ils ne fassent pas de bêtise : "La marre est pleine de cornacs qui vont t’attirer dans l’eau et te manger le foie !" Certains piliers d’Auch qui jouent les matamores dans les mêlées ont peur des cornacs. Les cornacs vivent dans l’eau et peut-être dans celle qui mouille les apéritifs anisés.
Cotise : Diminutif pour cotisation. Vient du gascon cotisa. "Le président, il a dit que si tu payais pas ta cotise, tu jouais pas, dimanche, contre Mont-de-Marsan." À l’époque où l’on disait ce mot, le rugby n’était pas professionnel et l’on ne faisait pas des compresses "avec de billets de cinquante mille !" au moindre bobo, selon la jolie formule d’un supporter agenais.
Couffe : gaffe grossière. Ce mot est un mystère ; il vient du gascon cofa, qui signifie panier et donna probablement couffin, mais on ne comprend pas comment il a pu prendre le sens de gaffe. "Ate le, la tronche qu’il fait ; il a demandé à la Mado des nouvelles du Gaston alors que ça fait huit jours que le Gaston il s’est tiré avec une gamine d’Auch. Une laide, mais jeune. Je te dis pas la couffe !"
Couille : Si le Parisien lui donne le sens de testicule, ce qui est d’une grande banalité, d’autant que ce mot devrait s’écrire au pluriel - les hommes, ici, en ont au moins deux - , en Agenais, ce mot délicat prend le sens d’emmerdement. Il vient du gascon colha. "Hier, il m’est arrivé une de ces couilles ! Figure-toi que j’ai demandé à la Mado des nouvelles du Gaston… ! Quelle couffe !"
Couillon : imbécile. Il ne faut jamais procéder par déduction dans le parler agenais. Couille ne veut pas dire testicule et le mot couillon ne signale pas celui qui s’en sert. "Quel couillon ce Trois !" veut dire que le pilier droit est un peu diminué. Vient du gascon colhon, diminutif de colha, testicule. L’amateur de littérature éclairée pourra, avec délices, remplacer le mot con par couillon dans le texte que nous a confié à ce mot (con) notre ami Michel Gardère. Ce simple subterfuge permettra au petit malin qui s’y livrera de revendiquer l’originalité de la trouvaille et de faire rire aux banquets à peu de frais en profitant seul de toute la gloire qu’entraîne obligatoirement un tel usage.
Couilloner (se faire) : Veut dire se faire avoir, arnaquer, estamper. "Elle m’avait dit : si tu m’amènes à la mer on se câlinera ; je l’ai trimbalée jusqu’à Mimizan et elle m’a bien couilloné !". Du gascon colhonar. "M’as colhonat quand t’ey bis !"
Couillonet : Encore une fois, en langage Agenais, il ne faut jamais procéder par déduction. La déduction est une manie de parisien. Prenons l’exemple de couillonet. Le déducteur pourrait considérer que le "et" final, qui se prononce "hett" et le plus souvent "Hhhetttt" en faisant la liaison avec le "n", est un diminutif. Par exemple, la "quique" est le sexe de l’homme - en Agenais - et la quiquette est le sexe de l’enfant mâle. Petit donc. Le "et" ou "ette" servant de diminutif. Dans couillonet, ce n’est pas le cas. Un couillonet n’est pas un petit couillon mais mai un couillon que l’on affectionne. Que l’on aime. "Quel couillonet ! Pour mon dernier match, il m’a offert un cadeau : il a explosé le pilier d’Auch !" Un couillonet est gentil. Petit ou grand.
Couper : N’a de sens qu’accolé à un membre. "Tu vas te couper la jambe, tu vas te couper le bras, etc." Signifie "blesser". Vient du gascon copar, casser.
Cròc : Elégant raccourci pour croche-pied. "Comme il pouvait pas le plaquer, il lui a fait un croc !"
Craques : mensonges. "À Moncrabeau, on ne raconte que des craques !". Du gascon craca. Dans ce charmant village où l’on consacre tous les ans le roi des menteurs, il y avait autrefois un "café de Cracovie". Pour les craques, évidemment, pas pour la Pologne comme l’affirma avec conviction un historien d’opérette.
Cuiller : cuillère. Comme en Agenais les femmes font la loi en cuisine, les hommes ont voulu équilibrer en la faisant à table. Le seul moyen : masculiniser un ustensile typiquement féminin. On dit donc le cuiller. Du gascon culhèr, cuillère.
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Déchiré : Complètement bourré, au bord du coma. "À la fin de la troisième mi-temps, on était complètement déchiré ! Mais faut dire qu’à la première et à la deuxième aussi !"
Déjeûner : En Agenais, on ne "petit déjeûne" pas. On déjeûne. À midi on dîne et le soir on soupe. Du gascon dejunar, prendre son petit déjeûner
Dépiquer : battre la moisson. "Pour le dépiquage, les Gabassi, ils t’avaient préparé un de ces repas… je te dis pas ! On aurait dit un repas de cochonnailles chez les Gaure !" Du gascon despicar.
Diu biban : La surprise est si grande que l’on finirait par croire que Dieu est non seulement vivant mais présent en chair et en os. Nom de Dieu est moins fort que ce Dieu vivant. N’est évidemment employé que par ceux qui ne croient pas en Dieu. Ceux qui y croient –et ne l’ont jamais rencontré– savent bien qu’il n’est pas vivant.
Destroï : déglingué. Etre destroï est généralement la conséquence d’une troisième mi-temps. Le lendemain matin chacun est destroï. Il arrive que la voiture le soit aussi. Conduire destroï rend la voiture destroï. De l'anglais (hélas !) destroyed : detruit. Fut rapporté en agenais par les agenais ui sont allés travailler à Paris et en sont revenus bardés d’imbécillités du verbe.
Enquiller : marquer des points. "Le dix d’Auch, il joue comme un bidet mais par contre, au pied, il enquille !"
Ensuqué : (être) très fatigué. "En ce moment, on a l’impression que les joueurs d’Agen sont complètement ensuqués !" Faut dire qu’ils ont tellement d’entraîneurs qu’ils ne savent pas lequel écouter.
Escagasser : prendre la forme d'un colombin (v. cagasse) mais le sens réel est abîmer, ou, plus local, esquinter. "Au pilier d’Auch, on lui a escagassé toute la devanture. Normal : ça faisait un moment qu’il nous emmerdait dans les regroupements."
Escaner : tuer, épuiser. "J’ai voulu grimper la côte de crève-cœur, à Peyragude, je me suis complètement escané." Du gascon escanar, égorger.
Esclaffer : s’étaler par terre en s'écrasant. "L’autre, il a voulu faire le malin, au bal et en dansant le charleston, il s’est complètement esclaffé, le tchoul en l’air." Du gascon s'esclafar, s’éclater en s'écrasant. N’a évidemment rien à voir avec le même mot en français qui signifie se marrer quand l’autre s’esclaffe.
Espanter : épater. "Elle tortille du tchoul pour espanter la galerie, mais s’il y a du fondement, y’a rien dans la tête !" Du gascon espantar, épater
Espatarrer : S’étaler (involontairement) de tout son long. "Arrête de te dandiner, tu vas finir par t’espatarrer !" Du gascon s'espatarrar, s’étaler. Esplaterner, plus rare, a le même sens ou encore s’esplafoutir, qui est peut-être plus imagé. "Il s’est esplafouti comme un tas de cagasse !"
Espoutir : écraser. "Quand on en a eu marre, on lui a espouti les coucougnes et il ne nous a plus emmerdés !"Du gascon espotir, écraser.
Estofi : stockfish. Les gascons en général et les habitants de l’Agenais en particulier sont (étaient ?) incapables de prononcer les "st", "pn", bref les doubles consonnes introductives d’un mot. Ainsi disaient-ils peuneu pour pneu et estofi pour stockfish. Ça tombe bien, le stockfish est cuit à l’estoufada (étouffée) donc estofi n’est pas ridicule. Peuneu non plus puisque c’est le mot pneu qui l’est.
Fa calou : La température la plus chaude relevée à Agen (sous abri) le fut en août 2003, le 4 précisément. Il faisait 40,7°c. Pour retrouver une température à peu près identique, il faut remonter au 8 juillet 1982 et au 1er août 1947, dates où le mercure grimpa à 40,2°c. Il faisait chaud. C’est ce que dit cette expression qui vaut aussi quand, sous la mêlée, les gros s’expliquent.
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Fascaga : fais chier. "Fascaga, tè, avec tes réflexions à la con !" Du gascon fas cagar, tu fais chier.
Fatche : même sens que atch, troisième mot de ce dico. "Quel fatche de con ce pilier !" Dû à l’influence italienne en agenais et du mot facia, face, tête.
Faux : toxique. S’agissant d’un champignon : c'est un faux. "Gabassi, il a ramassé des faux et il a chopé la cagagne !"
Feignàs : gros paresseux. Croisé du français fainéant et de l'augmentatif gascon -às. "Si au lit, elle est vaillante, pour le ménage, c’est une feignasse !"
Fion : gros mot ou fondement. "Sous la mêlée, il te lui a envoyé un de ces fions. L’autre lui a répondu par un ramponeau !" Possède aussi un autre sens : "À la Denise, toute la soirée, on lui voyait son fion. Elle l’a joli, du reste !" Autrement dit le tchoul.
Fracas : drogué "Hier, on a fumé de l’herbe qui fait rigoler, on était complètement fracas."
Franchimand : habitant du nord de la Loire. Du gascon francimand, individu qui parle le français avec un autre accent que le mien. La pire insulte consiste à dire à un Agenais qui revient d’un séjour plus ou moins long à Paris qu’il francimandège. Autrement dit qu’il a perdu l’accent et parle comme un estranger du Nord, cousin comme cochon des descendants de Simon de Montfort, ceux là même qui ont rasé Penne d’Agenais, Casseneuil, Gavaudun, Pujols, Marmande et les environs. La honte !
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Gagner : battu . "Je t'ai encore gagné".
Gamatte : bac à ciment. "Prend la gamatte, gafet on va faire du mortier !"
Garnir : remplir un formulaire. "Tu peux m’aider à garnir mon enregistrement à la fédé. Ils posent tellement de questions que ça me tourneboule !"
Gaver : saoûler de paroles. "Du matin au soir elle me raconte ses varices, ses fuites, ses flatulences, ses aigreurs de bile. Elle commence à me gaver !"
Gentil : un peu idiot . "Tu ne devrais pas en dire du mal, il est gentil le pilier d’Auch !"
Gnac : avoir de la volonté, de l’énergie et mordre. "Il t’a un de ces gnacs, notre talon ! Il a foutu un gnac à l’autre !"
Gnaquer : mordre. "Va-z-y, gnaque lui les roubignoles à ce salaud, il m’a foutu un ramponeau sous la mêlée !" Du gascon nhacar. Mordre à pleine dent.
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Macarel : Veut dire maquereau ou maquerelle. En gascon. Ce qui est bien plus poétique. Les Américains ont le Mac’Do, en Agenais, nous utilisons le mac’arel. Toute la question est de savoir lequel des deux mots est une insulte ?
Madur : Bourré. "Hier, t‘étais tellement madur que t’a courtisé ma belle-mère ! Elle va plus te lâcher, la veuve, maintenant !" Du gascon madur, mûr.
Mascagner : travailler mal et maladroitement. "Hier j’ai bricolé avec Tripote et Mascagne. On a bien bossé. Le mur qu’on avait monté le matin, il est tombé le soir !"
Meule : mobylette, moto. "Sa meuf n’aimait pas sa meule. Elle l’a plaqué."
Murge : cuite : "À la troisième mi-temps, ils se sont pris une sacrée murge. Faut dire qu’y avait pas de fille à taquiner !" Le verbe "se murger" a le même sens. Sauf que les filles n’y sont pour rien. Du moins parfois.
Pas tròp : se prononce pace tropp' et signifie pas beaucoup. "Des gonzesses, hier, au bal, y’en avait pas trop !" du français pas qui signifie pas et du gascon trop, qui signifie trop.
Patàc : coup violent. "Ce pilier, il arrête pas de foutre des patàcs à chaque mêlée. Ça va mal finir !" Surtout pour celui qui les reçoit. Du gascon patàc, coup.
Pauvre : décédé. "Quand ma pauvre femme est morte, j’étais tellement malheureux que j’en ai pris une autre !" Du gascon paure, qui veut dire pauvre, mais est également utilisé dans le sens de disparu ou de malheureux.
Pec : fou. "Ce mec est pec ! Il a dragué ma femme. Il va connaître l’enfer ! Avec elle, eh !. Pas avec moi !" Du gascon pèc, pèga : idiot, fou.
Péguer : coller "Cette gonzesse, elle me pégue au cul sans arrêt. Tu crois qu’elle me drague ?" Du gascon pegar, coller, de pega, poix.
Pégueux : collant. "Il est toujours à me suivre quand je vais en boîte. C’est un pégueux !"
Péïzoùs : agriculteur attardé. Se prononce pay-zousss. "À Biremouli, c’est rien que des péïzous. Même leurs filles, elles valent rien !"
Pét : coup. "À la fin, le pilar, il lui a mis un pèt de première. K.O, le type !" Du gascon pèt qui veut dire pet, mais pas le pet que l’on croit. Dans ce cas précis, il s’agit d’un pet sans fondement.
Pétasser : repriser. "Tu pourras me pétasser le pantalon pour demain ?" On peut également pétasser un mur : reboucher les trous, crépir, etc... Du gascon petaçar, repriser.
Peuneu : se prononce aussi meuneu. Veut dire pneu.
Pigne : Les pins maritimes ont des fruits, les pignes, qui hébergent les savoureux pignons. Les champignonneurs savent que ces pignes, quand elles tombent subrepticement de l’arbre sur leur tête, font des blessures assez douloureuses. Sans doute le souvenir de ces coups inattendus donna-t-il l’idée d’appeler "pignes" les marrons qui fusent parfois sous les mêlées.
Pinailler : chercher la petite bête, chinoiser. "À force de pinailler, tu vas finir par prendre un pain !"
Pine : sexe de l’homme, quand il en a un. Se dit aussi quique. Le mot quiquette n’étant réservé qu’aux "bande-mou". "Quand j’étais jeune, on m’appelait pine-longue. Aujourd’hui ma femme me parle de ma quiquette. Tu parles d’une décrépitude !"
Piotte : idiote. Du gascon piòta, dinde. Se dit aussi pioc. "C’est une piotte. Elle couche avec tout le monde pour un coup de rouge !"
Pitchou : petit. "Elle a un tchoul tout pitchou mais bien joli !" Du gascon pichon, petit. Les pitchous sont les enfants.
Pitchounet : tout petit. Du gascon pichonet, tout petit. "Il est tout pitchounet son abricot !"
Plaindre : priver . "Ho ! Tu me la plains, cette eau ? on dirait du plâtre ce pastaga !" Du gascon plànher, plaindre.
Platràs : contraire de plaindre, assiette bien remplie. "Ce pilier d’Auch, il bouffe comme un goret. On lui avait mis un plein platras de daube. Non seulement il a tout bouffé mais il en a redemandé !"
Plier : ranger. "Va plier tes lignes, on rentre ; le poisson, il est parti aux fêtes de Vic !" Du gascon plegar, plier, ranger.
Plus : un autre. "Va chercher quelqu'un plus. On n’y arrivera pas tous les deux, à la satisfaire." Conversation habituelle lorsque deux amis travaillent le jardin d’une veuve.
Poche : sac. "Vous auriez pas une poche pour mettre mes commissions ?"
Porter : apporter. "Porte-moi du pinard, il ne m’en reste qu’une dizaine de bouteilles et ça sera pas suffisant pour regarder le match à la maison, samedi soir". Du gascon portar, apporter.
Poutounas : gros bisou. "Fais un poutounas à ta mamé ! Oui ! Même si elle te bave dessus ! Tu veux qu’elle te déshérite ou quoi ?" Du gascon poton, baiser.
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Qu’es aco : qu’est-ce que c’est que ça ? Se prononce quez-aco.
Queuds : rien. Se prononce queutzzz. "Mais c’est pas à toi que je voulais foutre ce pain. C’est aux autres ; mais sous cette putain de mêlée, on y voit queuds !" Contraction de "que dalle".
Quileur : formidable. "On a un huit, au Sporting, c’est un quileur de première. Personne ne l’arrête !" De l'anglais killer, tueur.
Quiller : dresser, pointer. "Le chat, dès qu’il sent le chien, il a le poil qui quille !" ou encore : "Y’a pas que le chat, qui quille. Moi par exemple, quand je vois ta sœur !" Du gascon quilhar, mettre une quille debout.
Quine : rangée complète sur un carton de loto. "Pour la quine de madame, c’est un kilomètre de saucisson ! Ça la changera de son mari !" Du gascon quina, groupe de.
Quique : sexe de l'homme. Mot tellement vulgaire que l’on se demande comment il peut figurer dans ce dictionnaire dont l’élégance éclate à chaque ligne. Du gascon quica, queue.
Quiquette : toute petite quique. Inutile d’en parler en conséquence. Du gascon quiqueta, sexe des petits garçons
Ramponeau : Ramponeau, cabaretier de la Courtille, vendait, en 1760, du très mauvais vin à très bon marché. La canaille y courait en foule; cette affluence extraordinaire excita la curiosité des oisifs de la bonne compagnie et de quelques bourgeois. Ramponeau devint célèbre. Il avait la complaisance de se laisser voir chez lui aux grandes dames et aux seigneurs que la curiosité y attirait. Gaudon, entrepreneur de spectacles, s’imagina qu’il ferait fortune s’il pouvait montrer Ramponeau en son théâtre. Le marché fut conclu; mais Ramponeau, s’apercevant qu’il lui était désavantageux, refusa de tenir ses engagements. Ce qui produisit un procès et quelques facéties. Mais l’affaire ne fut point jugée, et Ramponeau continua de vendre son vin et d’attirer le beau monde. Mais ce ramponeau-là n’est pas le nôtre même s’il donna son nom à une rue de Paris.
Quelques bricoleurs diront qu’un ramponneau est un marteau de tapissier ou un petit couteau. C’est exact, mais ce n’est pas davantage le nôtre. Les amateurs de brocante penseront à l’ancien jouet sous forme de "culbuto" : vrai aussi. Mais le nôtre est un formidable coup de poing ou une terrible bourrade que l’on inflige à un adversaire.
Rendre : vomir. "Après les deux mi-temps, il est passé à la troisième et ensuite, il a rendu toute la nuit !"
Repapiéger : radotter. "Ça fait trois fois que la Germaine, elle me raconte la même histoire. Elle commence à repapiéger". Du gascon repapiejar, radotter. Repapier a le même sens.
Rifle : loto. Pour faire des ronds, les Sporting organise une rifle.
Ronquer : roupiller. "Il ronque toute la première mi-temps et la moitié de l’autre. Et dire qu’ils veulent le sélectionner en équipe de France !" Du gascon roncar, ronfler.
Rouméguer : ronchonner. "Il roumègue quand il pleut, quand il ne pleut pas, quand il gèle, quand il fait trop chaud. Tout le temps, il roumègue. Même quand il dort !". Du gascon romegar, râler.
Rouste : raclée. "Les gros d’Auch, ils t’ont pris une de ces raclées !" Une raclée, c’est une branlée, en mieux.
Roustons : roubignoles. S’écrit toujours au pluriel. "L’écrivain, il a une sacrée paire de roustons !" Les roustons complètent harmonieusement une quique.
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Saquer : supporter ou punir. "Comme j’ai dit à l’arbitre que je pouvais pas le saquer, il m’a saqué". Du gascon sacar, mettre en sac, jeter.
Soufflon : remontée de bretelles. "L’entraîneur, il te lui a mis un de ces soufflons ! Ça lui a dégagé les bronches au Robert !"
Souper : dîner. "Chez nous, on dîne avec presque rien. Une soupe, des tarbais, un jarret sur le pouce et un fromage, manière d’attendre le matin". Du gascon sopar : manger la soupe du soir.
Si il faut : si ça se trouve. "Arrête de dire du mal du pilier d’Auch, si il faut, il jouera à Agen l’année prochaine !"
Taquet : marron. "Au pilar d’Auch, il te lui a mis un de ces taquets ! L’autre il appelait les anges, après". Du gascon pataquet, petit coup.
Tavanard : vite en faisant du bruit. Comme un bourdon ou un taon. Du gascon tavanard, gros taon volant très vite.
Tchappe : une bouffe, un repas médiocre. Se dit tiap. "On tchappe tellement mal dans ce restau qu’après, t’as même plus besoin d’aller caguer, tellement t‘a rien mangé". Du gascon chapa, nourriture de mauvaise qualité.
Tcharrer : bavarder, raconter n’importe quoi. "Il arrête pas de tcharrer ; même dans les mêlées !". Du gascon charrar, parler le soir, à la veillée. Avoir la tchatche a le même sens et découle de ce verbe.
Tchi : rien. "Aux gonzesses, moi, j’y capte tchi !", je n’y comprends rien.
Tchoul : choux bien pommé. Définit aujourd’hui le fondement d’une femme, s’il est bien rond. "Quel beau tchoul. Pour un truc pareil, un feignant arrête sa sieste !"
Tchourer : voler. "C’est pas ma semaine ; je me suis fait tchourer ma mob et ma femme. Des qui démarre aussi vite, je suis pas sûr d’en retrouver".
Tchuquer : boire (beaucoup). Du gascon chucar, sucer. Par délicatesse nous éviterons les comparaisons sur ce qui se suce le plus. Les voitures n’ont pas très bonne réputation non plus.
Tè ! : tiens ! Se prononce aussi tai. "Quel couillon ce Gilles !... tè ! T’es pas parti toi, je parlais de toi, justement, mon Gilles. Comment ? En bien, évidemment !" Du gascon tèn : tiens.
Tignoùs : teigneux. "Il est tellement tignous qu’il veut jamais lâcher le ballon !" Du gascon tenhós, teigneux.
Toper : prendre en flagrant délit. "Il s‘est fait toper avec la femme de l’arbitre. Depuis, à chaque match, il se fait saquer !"
Tranquilou : peinard. "Il t’a marqué un essai tout tranquilou. C’est dire la classe !"
Trastéger : remuer avec excès. "Au lit, elle trastège beaucoup mais c’est quand même pas terrible !"
Trouver : deviner, sentir . "On trouve le piment dans ta palombe. Il vient d’Espelette ?"