Discours de Bernard LUSSET, 1er adjoint au Maire
Réception des membres de la section des Economies régionales et de l’Aménagement du territoire du Conseil Economique et Social.
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président de section,
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d'industrie de Lot-et-Garonne, Mesdames, Messieurs les membres de la Section des économies régionales et de l'aménagement du territoire du Conseil Economique et Social,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers collègues,
La municipalité d'Agen vit comme un grand privilège le bonheur d'accueillir aujourd'hui une délégation du Conseil économique et social, dont la Constitution fixe la vocation d'assemblée représentative des activités économiques et sociales de notre pays, auxquelles il convient d'ajouter la dimension environnementale, dont nous savons à quel point elle influe heureusement désormais sur chacune des décisions publiques. C'est d'ailleurs à ces préoccupations environnementales que je dois le plaisir de vous accueillir aujourd'hui puisque Jean Dionis, notre député-maire, est à l'Assemblée nationale dans le cadre du début de l'examen du projet de loi sur le Grenelle II.
Mes premiers mots seront pour vous remercier, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, d'avoir inscrit Agen et le Lot-et-Garonne sur votre feuille de route, au moment où votre section a été chargée par le bureau du CES d'un rapport sur l'économie de proximité, et sur le délicat équilibre à trouver entre globalisation et proximité, entre local et global.
Nous avons bien conscience de l'importance de la réflexion que vous menez et c'est pourquoi nous sommes très honorés et très flattés, pourquoi ne pas le dire, que vos travaux vous aient menés jusqu'à nous.
A dire le vrai, nous imaginons volontiers que Jean-Alain Mariotti a su trouver les mots pour vous dire l'intérêt d'un tel déplacement et nous lui en sommes particulièrement reconnaissants.
Je me demande même, évoquant ce subtil équilibre entre global et local, si Jean-Alain Mariotti n'avait pas anticipé, en favorisant votre venue, sur l'accession récente, dimanche dernier, de notre équipe de rugby au sein du Top 14, c'est-à-dire de l'élite du rugby français, dont un fâcheux purgatoire nous avait éloigné trois années durant.
Alain Mariotti y a sans doute pensé, parce qu'à sa manière, notre club fétiche est une illustration assez heureuse, me semble-t-il, de cet équilibre entre local et global : il aura fallu, en effet, conjuguer les espoirs les plus prometteurs de notre rugby gascon, à l'image d'un Dulin ou d'un Edmond-Samuel, et les valeurs sûres venues de l'océan Pacifique, comme Caucaunibuca ou Fonua, pour faire remonter Agen en Top 14.
Cette forme particulière d'équilibre, en tout cas, donne sur les bords de la Garonne des résultats qui nous autorisent tous les espoirs, et je suis sûr qu'Alain Mariotti avait à cœur de vous faire partager ce secret de fabrique lot-et-garonnais, dans une terre où les valeurs du rugby, n'en doutez pas, rayonnent bien au-delà de nos stades.
Alors vous êtes ici, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, au cœur d'une petite agglomération de 70 000 habitants, chef-lieu d'un département rural de ·300 000 habitants. Dans un tel tissu, le développement économique - et aussi un certain art de vivre - ne peuvent se concevoir que dans un esprit d'équipe, un partenariat ancré dans les ambitions les plus concrètes.
Notre centre-ville commerçant souffre, comme beaucoup d'autres, d'une perte d'influence que les changements dans les modes de consommation ont accélérée. Face à un tel constat, l'agglomération agenaise, la Ville et la Chambre de commerce et d'Industrie ont su mettre en commun leurs énergies pour créer ensemble une agence associative du commerce, présidée par la CCI, et qui s'est donnée pour ambition d'accompagner les acteurs du commerce de centre-ville face aux changements auxquels ils sont confrontés.
C'est par cette mise en commun, par cette convergence des ambitions que, nous en avons la conviction, nous parviendrons à donner au centre-ville une nouvelle attractivité à partir à la fois de ce qu'il est, de ses valeurs intrinsèques, et de ce que les consommateurs, d'aujourd'hui et de demain, en attendent.
Nous avons agi dans le même esprit partenarial, et je dois le dire, avec la même qualité d'écoute consulaire, dans de nombreuses actions de modernisation en cours du centre-ville d'Agen, autour notamment d'un plan ambitieux de réduction du bilan carbone de notre ville, anticipant les prescriptions à venir du Grenelle II.
Vous le voyez, au travers de ces quelques exemples, la CCI qui a certes une vocation départementale et qui la joue a plein, travaille aussi au quotidien, et avec bonheur, avec les villes et les agglomérations de son territoire, parce que c'est à chaque niveau de compétences qu'il convient d'agir en matière de développement économique et de services.
Nous le savons tous: la réforme territoriale en cours amène à repenser les compétences de chacun: qu'il me soit permis de dire ici qu'à nos yeux les choses sont assez claires :
A la région, les grandes politiques publiques à destination, notamment, des entreprises. Au département, sous la forme qui semblera la plus opportune, l'action sociale et les infrastructures routières. Aux agglomérations, le développement économique de proximité, dans un partenariat ouvert avec l'ensemble des acteurs, au premier rang desquels les Chambres consulaires.
Et, si vous le permettez, aux villes les actions de proximité qui façonnent le quotidien et l'art de vivre de nos compatriotes.
Ici, à Agen, nous sommes allés très au-delà des obligations légales en matière de proximité. Alors que les conseils de quartier ne sont inscrits dans la loi que pour les villes de plus de 80 000 habitants, nous avons, conformément à nos engagements, mis en place à Agen 23 conseils de quartiers, dont les 207 membres ont été élus, au suffrage universel direct, il y a un an.
Depuis cette élection, nous avons instauré un processus de codécision avec chacun de ces 23 conseils de quartier élus, processus qui a abouti, il y a un mois, à la signature de 23 contrats de quartier, qui sont autant d'engagements dans lesquels la Ville et ces nouvelles instances représentatives ont listé ensemble les actions de proximité qui seront· menées durant le mandat, dans un équilibre parfait entre tous les quartiers : 500 000 € chacun.
Enfin, je voudrais ajouter un dernier mot sur le microcrédit, qui nous semble être un élément important en matière d'économie de proximité, tout en étant un outil d'insertion sociale et professionnelle dans lequel nous plaçons beaucoup d'espoir.
Grâce à lui, les bénéficiaires, parmi lesquels des jeunes de moins de 25 ans mais aussi des chefs de familles monoparentales, peuvent favoriser leur mobilité, retrouve r le chemin de l'emploi et aussi, à partir de là, l'accès à un logement digne.
SI j'évoque ce sujet, c'est parce qu'à l'initiative de Corinne Griffond notre adjointe à la vie familiale, la Ville d'Agen a récemment lancé un tel dispositif, cette initiative étant d'ailleurs relayée par notre député-maire, au travers d'un amendement dans le cadre de la dernière loi Crédit Consommation que notre Député Maire a finalement voté ces derniers jours (après les discussions que vous savez...)
Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, au moment où vos travaux vous amènent à suggérer aux pouvoirs publics de nouvelles pistes de développement des communautés humaines, nous sommes heureux, en vous accueillant, de vous dire qu'ici, à Agen, sans doute enseignés par la modestie de nos moyens, nous avons fait de l'action collective de terrain et du rassemblement des énergies locales, un de nos meilleurs atouts devant l'évolution accélérée de notre monde.
Je forme le vœu que les expériences menées ici, qui vont vous être présentées, vous permettront d'éclairer le plus utilement les pouvoirs publics sur les pistes d'organisation à promouvoir, au service du développement économique de nos territoires et du mieux être de leurs habitants.
Je vous remercie.