Discours de Jean Dionis pour la semaine du médicament

Type du document : Discours
Date de publication : 15/10/2009
Lieu : Salle des Illustres

Débat public semaine du médicament
Faut il avoir peur du médicament ?
 

Présents

M. DEGHIN, vice- Président de l’ordre des pharmacien aquitaine (installé à Colayrac)

JP BRAQUEMART – Mike SEALEY (parlera au nom de l’industrie pharmaceutique et pas seulement de BMS).– Frédéric BASSI (pharmacien de BMS)

Déroulé

Mot d’accueil du député-maire

Alain RIBET présente le documentaire (les 5 clips qui égratignent l’industrie pharmaceutique)

19h30 – 20h : Projection du film faut il avoir peur du médicament ? (les 5 courts métrages)

20h – 21H : Alain RIBET passe la parole à Mike SEALEYet anime le débat

En conclusion, quel avenir de BMS dans le Lot-et-Garonne ? (BMS conforte son site agenais)

Intervention de JDS

La semaine du médicament est la Semaine du dialogue organisée par les entreprises du médicament.

L’industrie pharmaceutique est l’un des secteurs économiques les plus importants en France et dans le monde.

Ce qui l’explique, les besoins en médicaments de plus en plus important en raison du vieillissement de la population, d’un plus large accès aux services de santé dans de nombreux pays et du traitement des maladies mentales.

L’industrie est confrontée aux défis :

- de la chute tendancielle de l’innovation. Depuis 1999, sur près de 1100 médicaments mis sur le marché, aucun n’a apporté de véritable avancée thérapeutique.
- La concurrence des médicaments génériques. Ce marché croit de 9% par an et atteint 75 milliards d’euros en 2008,
- La vigilance accrue des autorités de santé face aux apports thérapeutiques des nouveaux produits et à leurs effets secondaires.

Pour y répondre :

- les laboratoires réduisent les délais entre découverte et mise sur le marché
- rationnalisent leurs dépenses marketing qui peuvent atteindre 30% de leur chiffre d’affaire,
- se dotent d’une véritable expertise sur les marchés clés (diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers et vaccins)
- la mise sur le marché de produits très spécialisés difficilement copiables…

Au niveau national, BMS-UPSA est un acteur économique clé. Il l’est d’autant plus pour l’agenais et contribue nettement à sa richesse.

Ce sont 1400 emplois, 15 unités de fabrication, 87 millions investis entre 2003 et 2007 et 43% de la production exportée en 2006.

La ville a souhaité soutenir cette manifestation pour qu’il y ait un vrai débat avec les citoyens et sortir de celui entre techniciens et experts.

Il s’agit d’aborder de vraies questions de fonds, ce qui est l’objectif de la soirée.

Comment ?

Par un documentaire, qui est en fait une série de 5 courts métrages, « non commandités » par l’industrie pharmaceutique et donc totalement indépendants.

Il faut reconnaitre le courage d’une entreprise telle que BMS-UPSA d’organiser la diffusion de ces films un peu décapants et qui égratignent l’industrie pharmaceutique.

Mais, cela donne l’occasion d’aborder les problématiques.

La France et l’Europe se sont dotées d’organismes qui contrôlent les autorisations de mise sur le marché.

Mettre un médicament, c’est 10 ans de recherches, des investissements colossaux pour des produits avec une efficacité thérapeutique certaine.

On est loin de l’époque où les médicaments pouvaient être mis sur le marché sans contrôle ce qui est maintenant dévolu à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (l’AFSAPS présidée par François CHOLLET).

De vraies questions se posent :

1 - Sur l’innovation.

Est-ce que l’industrie continue à innover et nous apporte les médicaments qui nous permettent de continuer à évoluer dans la recherche?

Dans les 30 dernières années, la recherche pharmaceutique a permis de soigner les 2/3 des pathologies les plus communes.

Aujourd’hui, les innovations concernent la diminution du nombre de médicaments à prendre pour soigner ces pathologies.  

Pour ce qui est des maladies « moins communes », la recherche a fait considérablement avancer le traitement de certains cancers ou du SIDA par exemple.

En revanche, l’on ne traite pas encore beaucoup de maladies. Des enfants meurent de leucémies, les décès des cancers, des maladies cardio-vasculaires sont encore légion….

C’est une course sans fin qui nous demande vigilance et réactivité par rapport aux défis de santé publique.

En dehors de tout ça, il y a le confort des patients et le traitement de la douleur où BMS est un laboratoire phare pour la qualité de vie des patients.

2 - Sur les liens entre médecins et experts :

Est-ce que les médicaments sont fiables ? Est-ce que les médicaments ne font pas courir plus de risques aux malades ?

La réflexion doit être globale et ne pas se fixer sur les effets secondaires que peuvent avoir certains médicaments sur certains patients mais sur le traitement, en termes de santé publique, des pathologies.

La réflexion doit aussi se porter sur la vaccination et sur son recul dans certains pays qui à l’instar du Nigéria ont arrêté de vacciner contre la polio par exemple, ce qui a pour effet de propager le virus dans certains pays limitrophes qui vaccinent toujours tels que le Bénin.

Est-ce que les médecins sont libres ou prescrivent-ils les médicaments que leurs recommandent l’industrie pharmaceutique ?

Les médecins sont capables de prendre du recul et d’avoir leur propre jugement sur ce qu’on essaie de leur faire prescrire.

Nous ne pouvons pas sans cesse mettre à l’index l’industrie pharmaceutique lorsque l’on sait les efforts qu’ils déploient dans la recherche. Par ailleurs, qui mieux qu’eux peuvent connaitre ce qu’ils fabriquent ?

3 - Au niveau environnemental :

Il ne faut pas nous focaliser sur notre cas agenais où BMS-UPSA est précurseur en termes de rejets dans l’environnement.

D’une manière générale, nous pouvons souligner les avancées indéniables au niveau des stations d’épuration qui filtrent de plus en plus les produits.

4 - Au niveau économique :

Est-ce que le médicament est facteur de trou de la sécurité sociale lorsque l’on sait que la part du médicament ne  représente que 14% de son déficit?

Le médicament évite la plupart du temps l’hospitalisation et ainsi coûte moins cher à la sécurité sociale.

Peut-on avoir confiance dans les médicaments ? oui, trois fois oui mais sous réserve de se les faire prescrire, de ne pas les stocker indéfiniment et s’auto médicamenter.

Autant de questions que nous aborderons ce soir…


< retour
 
Agen Coeur Battant