Discours de Jean Dionis Député-maire d'Agen
Séance du Conseil Municipal - 7 février 2009
Mes chers collègues,
Je tiens, en premier lieu à vous remercier d’avoir accepté d’être là un samedi matin et d’accepter qu’ensemble nous bousculions nos bonnes vieilles habitudes municipales.
Nous changeons la tradition bien établie des Conseils municipaux des lundis soirs à la mairie d’Agen. Nous l’avons ainsi décidé pour que l’on puisse se donner du temps. Du temps pour la réflexion, du temps pour les débats.
Notre conseil commence à 9H et il se terminera à 17H ! Je peux vous dire, qu’eu égard au match Irlande France programmé à 18H, je m’engage à ce que nous en soyons sortis avant.
Nous nous donnons du temps également pour remettre nos commissions municipales dans l’instruction des dossiers de la ville d’Agen. Notre ville doit améliorer le fonctionnement de nos commissions et c’est la raison pour laquelle la matinée sera consacrée à ce travail.
Notre séance sera, aujourd’hui, un peu exceptionnelle.
Merci de votre compréhension pour les ratés de fonctionnement qu’il pourrait y avoir.
Un conseil municipal qui aura aujourd’hui deux fonctions :
- le Débat d’Orientation Budgétaire, tel que prévu par la loi
- et, un conseil municipal « ordinaire » avec un certain nombre de délibérations importantes, j’y reviendrai par la suite.
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Je souhaiterais préalablement vous dire quelques mots sur la tempête que nous avons subi voici quinze jours. Une tempête, d’une ampleur exceptionnelle, qui a frappé l’ensemble du grand sud ouest.
Sur la ville d’Agen, les dégâts ont été réels et notamment certains de nos arbres centenaires n’ont pas survécu. Ce fut vraiment spectaculaire, et potentiellement dangereux, sur le jardin Jayan notamment avec deux de ses principaux arbres déracinés. A la préfecture, mais aussi un peu partout ailleurs. Pour le reste, les dégâts sur les bâtiments sont limités et fort heureusement nous n’avons pas à déplorer de victime.
Sur le Lot et Garonne, certaines zones géographiques, telles le mézinais ou l’albret ont été particulièrement touchées.
Certaines professions, je pense aux agriculteurs serristes, aux exploitants forestiers, ont vu leurs productions décimées.
Cette crise, nous devons en tirer les leçons. Nous l’avons fait après celle de 1999, mais il nous reste du chemin à parcourir et j’ose espérer qu’à la prochaine nous serons mieux armés.
Nous devons, collectivement, faire des progrès au niveau de l’information, au niveau d’un système d’alerte de l’ensemble des habitants.
A titre anecdotique, nous nous sommes rendus compte le dimanche soir à 18H, lorsque le Préfet a décidé de fermer toutes les écoles du département, que nous étions forts dépourvus de ne pouvoir prévenir les familles directement. Certes, nous nous sommes débrouillés et cela n’a pas si mal fonctionné puisque très peu de familles agenaises n’avaient pas eu l’information le lundi matin.
Cette tempête a révélé, par ailleurs, notre électro-dépendance qui s’est considérablement accrue au cours de ces dernières années. L’effondrement du système électrique qui a causé la rupture d’alimentation pour plus de 1,7 millions de foyers a montré qu’il nous fallait repenser notre système de base, en terme de communication, d’eau potable, de chauffage ou de signalisations ferroviaires et routières en l’absence d’électricité.
Nous n’avons aucun plan d’ensemble en cas de rupture électrique. Or, c'est une des compétences premières de l'Etat que celle d'assurer la sécurité de nos concitoyens en toutes circonstances, y compris dans des conditions extrêmes.
J’ai interpellé le Gouvernement sur ce point au travers d’une question d’actualité. J’ai demandé, notamment, à ce que chaque gestionnaire d’une fonction vitale soit responsable de son autonomie en cas d’une rupture de l’alimentation électrique par l’attribution de groupes électrogènes puissants et opérationnels.
Par ailleurs, j’ai été, en ma qualité de président de l’amicale des maires du Lot et Garonne, convoqué à une réunion interministérielle avec le premier ministre sur les conséquences de la tempête.
J’ai pu à cette occasion obtenir du premier ministre la prolongation des renforts militaires pour une semaine pour venir en aide aux agriculteurs, notamment du mézinais.
En outre, je vais mettre au point une solidarité départementale au travers de l’amicale des maires. Cela sera à l’ordre du jour de notre prochain Conseil d’Administration de l’amicale qui se tiendra le 7 mars prochain à Prayasss et je suggère que notre ville soit exemplaire dans sa solidarité aux communes. J’entends bien que lors du prochain conseil municipal nous puissions inscrire une délibération en ce sens.
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Notre conseil municipal de ce samedi a, comme je vous le disais, deux fonctions.
D’une part, le débat d’orientation budgétaire que nous présentons aujourd’hui avec deux lignes forces.
La première, c’est la mise en œuvre de notre programme électoral, retranscrit au travers de notre programme de mandat 2008-2014.
Le compte administratif que nous présenterons au prochain conseil du 30 mars sera l’occasion de faire un premier état d’avancement de la mise en œuvre de ce programme.
La seconde ligne force, c’est l’adaptation nécessaire de notre ville à la crise.
Plus que jamais, notre mairie se doit d’être modeste.
Pour cela, nous allons réduire nos dépenses de gestion courante de 5% et nous stabiliserons nos dépenses de personnel.
Nous apporterons un soutien personnalisé et efficace par une refonte complète de notre dispositif d’accompagnement de nos concitoyens en recherche d’emploi, notamment. Nous lançons le projet d’un pôle emploi au niveau de l’agglomération avec le PLIE, la Mission Locale, CAP-emploi et le service économique de la communauté d’agglomération. Nous soutiendrons l’économie locale en maintenant un niveau d’investissement élevé.
Enfin, nous nous engageons à ne pas ponctionner davantage nos administrés pour maintenir leur pouvoir d’achat. Cette crise sera sévère, nous en subissons déjà les effets ! Pour les agenais, la municipalité s’engage à ne pas augmenter la fiscalité.
Pour ce qui concerne notre stratégie financière, nous héritons de nos prédécesseurs, d’une situation contrastée.
La municipalité précédente a maintenu un faible endettement. Nous avons, de ce côté, des marges de manœuvre.
En revanche, nous avons récupéré une mairie qui avait considérablement augmenté ses effectifs. En solde net, les dépenses de personnel sont passées de 15, 5 millions d’euros à 20,2 millions d’euros entre 2001 et 2007 !
La municipalité que gérait mon prédécesseur avait un train de vie trop important tant en terme de communication qu’en dépenses de fonctionnement.
Ainsi, les marges financières de notre collectivité se sont fortement réduites en trois ans.
Les principales observations de l’audit que nous vous avons présenté lors du conseil municipal du 15 décembre dernier faisaient apparaître :
- un encours de la dette en diminution constante,
- un niveau d’investissement moyen inférieur à celui de notre strate. La ville dépensait en 2006 201€/habitants alors que les villes de strates identiques en dépensaient 308€,
- des dépenses de gestion et des dépenses de personnel peu maîtrisées et en constante progression consommant une grande partie des marges de manœuvre libérées par l’importante hausse fiscale de 2003,
- une épargne brute en chute de 32% sur la période soit une diminution en volume de 2,4 millions d’euros.
Pour remédier à cette situation, nous voulons mettre en œuvre notre projet municipal tout en tenant compte d’un contexte économique et social des plus tendus, mais également faire face à des dotations et concours de l’Etat soumis à de fortes contraintes de rigueur budgétaire.
Nous avons opté pour une réelle maîtrise des dépenses de gestion et de la masse salariale pour stopper l’érosion de l’épargne brute et préserver notre capacité à investir sans menacer l’endettement.
Ainsi, nos dépenses de gestion seront plafonnées à 2%/an et nos dépenses de personnel devront rester stables.
Au niveau des recettes, la prospective est basée sur des taux de fiscalité constants avec un pacte de stabilité gouvernemental ne laissant espérer aucune progression, voire un recul important de l’ordre d’un million d’euro en cas de suppression pour notre collectivité de la Dotation de Solidarité Urbaine et de Cohésion Sociale. Le contexte économique et financier nous incite également à la plus grande prudence en termes de droits de mutation. Nous avons d’ores et déjà anticipé dans nos prévisions une forte diminution de l’ordre de – 40% de cette recette.
Nous mettons en œuvre, malgré tout notre programme municipal. Nous avons retenu le scénario d’un rythme annuel moyen d’investissement qui passe de 6,6 millions à au moins 9 millions d’euros soit un programme de l’ordre de 45 millions pour la durée du mandat.
Cet effort, sera la traduction concrète de notre ambitieux programme pour « réveiller Agen ».
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Notre conseil municipal est aussi un conseil municipal ordinaire. Permettez-moi de vous souligner un certain nombre de délibérations importantes. J’en citerai trois.
L’adhésion de la commune de St Hilaire à la communauté d’agglomération d’Agen. Il s’agit là de la première adhésion depuis 2002 !
Entre 2003 et 2008, l’agglo ne s’est pas étendue. Principalement parce que la communauté d’agglo était en crise profonde. Nous avons pris un retard incroyable avec nos 7 communes. Je vous rappelle que la moyenne des Communautés d’Agglomération rassemble, en France, plus de 17 communes. A côté de nous, nos voisins villeneuvois ont fédéré, dans leur Communauté de Communes, 10 communes et nos voisins marmandais, 31 communes. Cette crise est aujourd’hui révolue.
Cette crise est aussi révolue si l’on en croit les nombreux projets que lance l’agglo. Non seulement nous terminons ceux qui étaient engagés, mais nous avons d’ores et déjà lancé des projets structurants tels la grande zone éco de Ste Colombes puis la zone dédiée « bâtiment » sur Donnefort.
L’agence commerciale de cœur de ville dont les statuts vous sont soumis et dont les objectifs sont la résorption des nombreuses friches commerciales, l’animation commerciale et l’association de nos commerçants à nos projets de centre ville (stationnement et circulation).
La création de cette agence est avant tout un projet partenarial et nous mobiliserons toutes les sources de financement possibles et en particulier les aides FISAC.
La rénovation urbaine du quartier Tapie-Mondésir, c’est parti !
Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons redéfini ce projet l’été dernier pour l’améliorer et le mettre en adéquation tant avec les souhaits de ses habitants qu’avec nos contraintes techniques ou financières. Madame la ministre du Logement, Christine BOUTIN, a pu, lors de sa visite le 6 décembre, souligner la qualité du projet et son juste dimensionnement. Nous délibérons aujourd’hui sur la charte de relogement inhérente au projet et sur la constitution d’un groupement de commande.
Je terminerai par un petit mot sur le lancement du site agen12-25.fr. Ce site dédié à nos jeunes a été conçu pour et par nos jeunes.
Nous avons voulu un site qui permette aux jeunes un accès à une information adaptée mais aussi un site qui suscite l’échange et la participation du plus grand nombre : actialités, agenda des manifestations, informations sur les études l’emploi, le logement, la santé, les transports, les loisirs… des services pratiques. Une rubrique en WEB 2.0 permettra aux jeunes de partager des photos, des vidéos ou de discuter tout simplement.
Un site interactif et communautaire qui vous sera présenté par Clémence ROBERT après le déjeuner.
Je vous remercie et vous souhaite de très bons travaux en commissions.