Discours de Jean Dionis - Hommage à Georges Ricci

Type du document : Discours
Date de publication : 29/09/2008
Lieu : Cathédrale Saint-Caprais

Discours de Jean Dionis Député-maire d'Agen
Hommage rendu lors des obsèques de Georges Ricci, ancien maire d'Agen

Madame,

En sa  cathédrale St-Caprais la ville d'Agen se devait de rendre un dernier hommage à Monsieur Georges RICCI, son maire de 1981 à 1989.

Vous avez bien voulu accepter que cet hommage prenne la forme de cette prise de parole que je fais en tant que maire d’Agen en exercice.

Les paroles que je vais aujourd’hui prononcer sont directement inspirées du témoignage que le Dr CHOLLET m’a fait parvenir de Turquie où il est actuellement en voyage, ce qui l’empêche d’être à vos côtés à son plus grand regret.

J’ai tenu bien sûr à y ajouter, mon témoignage personnel quant à votre mari puisque j’ai eu la chance de bien le connaître lors de mon retour dans ma ville natale en 1989.

Vous-même me disiez ce matin que votre mari était par sa famille paternelle d’origine corse mais qu’il était par sa mère issu d'une famille enracinée en agenais depuis plus de trois cents ans.

Il naît en 1912 à Sauvagnas chez nous en Lot-et-Garonne où son père a été maire pendant trente ans. Jeune homme il faut une guerre courageuse et n’hésite pas à s’engager dans la résistance.

Il a ensuite honoré pendant trente ans la haute fonction publique dans le corps préfectoral. Pour cette jeunesse et cette vie d’homme adulte à la fois courageuse digne et efficace, la nation lui a rendu l'hommage qu'elle lui devait en le faisant officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur.

Avec un style droit, élégant et discret, Georges RICCI avait en lui l'intelligence des situations et la connaissance des hommes.

A l'issue de sa carrière professionnelle, le Dr. ESQUIROL, alors maire d’Agen, sut attirer vers lui cet enfant d'Agen, apportant ainsi à son équipe municipale un point d'ancrage sur, et à la ville un expert de l' Administration Territoriale.

La plupart des grands projets qui ont remis la ville en selle (zone sud et parc des expositions, université d’Agen à la place des abattoirs, construction des cités de Barleté, Paganel et Passelaygue) ont été conçus et initiés avec lui et les autres membres du conseil municipal. Grâce à cette équipe, la fin douloureuse et prématurée du Dr. ESQUIROL, sous le magistère de Georges RICCI, n'aura pas compromis le redressement de la ville.

La mise en chantier du quartier des Tanneries après l'achèvement de l'îlot n°5 signait le souci premier du réaménagement du centre ville, tandis que s'opérait en même temps la réhabilitation réussie de Rodrigue et de Tapie.

Il présida pour une part et à son tour au douloureux enfantement du District, sans lequel les retombées heureuses de la Communauté d'Agglomération  n'auraient pas pu être reçues en temps opportun.

En harmonie parfaite avec le Conseil Général du Lot et Garonne, il sut mobiliser pour Agen l'influence à Paris du Sénateur  Jean François-Poncet puis du député d' Agen Paul CHOLLET pour mettre en place et financer les premiers cycles universitaires dès 1986.

Georges RICCI eut, il faut le souligner, une attention particulière pour les sportifs et plus spécialement pour notre club de rugby, le SUA.

Avec l'éclairage du terrain de rugby qui donna les premiers matchs nocturnes dans le Sud-Ouest, avec le financement du centre formation du rugby inauguré par Jacques CHIRAC, alors premier ministre, il prépara le difficile passage à la professionnalisation de ce sport. Son  soutien fut indéfectible pour notre club phare.

Il eut, le dernier d'entre nous, le bonheur de ramener le bouclier de Brennus sur le perron de l' Hôtel de Ville.

Fidèle à la famille radicale et à l'esprit des lumières, il savait aller au-delà des étiquettes, s'assurant les meilleures compétences pour préserver l'intérêt public. Le relais qu'il reçut de la municipalité ESQUIROL endolorie, il sut le transmettre à une génération nouvelle aux compétences affirmées réunies autour de lui en 1983 pour inaugurer son deuxième mandat.

Au nom du conseil municipal d’Agen, je tiens à dire que je suis heureux de voir de très nombreux élus agenais qui ont œuvré autour de Georges RICCI présents aujourd’hui pour l’accompagner dans sa dernière demeure.

Madame,vous avez été présente auprès de lui à tous les moments de sa vie jusqu'à sa fin éprouvante  et digne. Vous avez partagé avec lui le malheur irréparable de la perte de votre fils unique.

Recevez, Madame, l'assurance de notre sympathie profonde et de notre vigilante attention auprès de vous.

Madame, votre mari nous quitte après une longue et belle vie. Laissez nous vous dire en ce moment empreint de solennité mais aussi d’une véritable amitié filiale pour Georges RICCI qu’il restera pour nous un point de repère, un exemple de discrétion efficace et de dignité non dénuée d’un véritable humour très fin qui faisait honneur à notre cité.

J’en prends ici l’engagement, nous saurons ensemble cultiver sa mémoire et l’inscrire dans le paysage de notre ville.

Quelle que soit la marche du temps, il nous appartiendra de ne pas l'oublier, de nous inspirer de son exemple et de marquer sa juste place dans la longue liste de ceux qui ont bien oeuvré en notre ville d'Agen.


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Agen Coeur Battant