Natif du diocèse d'Agen en Aquitaine et mort à Paris, à la Bastille, vers 1590, aux environs de quatre-vingts ans, ce sont les seuls points de repère d'un des hommes les plus célèbres de notre histoire.

C'est en Saintonge qu'il passa la plus grande partie de sa vie, encore qu'il ait fait de nombreux voyages dans les provinces françaises. Il se fixe à Saintes et s'y marie.
Arpenteur, peintre-verrier, la vue d'une coupe émaillée va orienter désormais toutes ses recherches, toute son activité, vers l'obtention de l'émail sur terre cuite, connu depuis l'Antiquité, art perdu qu'il veut retrouver et perfectionner. Après des années de tâtonnements, d'échecs, de privations pour alimenter ses fours, il arrive au but et fabrique ses «rustiques figulines» (du latin figulus : potier). Protégé de Montmorency, Palissy décore le château d'Écouen.
Mais, revenu en Saintonge et attentif aux idées nouvelles, il prend une part active à la fondation de l'Église réformée de Saintes. Malgré de hautes protections, il est arrêté une première fois et relâché après l'Édit d'Amboise. Il se livre tout entier à son art et publie la géologie, la philosophie. Catherine de Médicis lui confie l'ornementation du jardin des Tuileries. La Saint-Barthélemy l'oblige à se réfugier à Sedan d'où il parcourt les Ardennes et les Flandres. Revenu en France, la reprise des guerres civiles et la mort de ses protecteurs le ramènent en prison, malgré son grand âge. Le roi Henri III venu le visiter n'osa pas lui rendre la liberté.
Bernard Palissy «mourut aux cachots de la Bastille, prisonnier pour la Religion», lui qui «aimait mieux dire la vérité en langage rustique que mensonge en un langage rhétorique».
L'oeuvre céramique de Bernard Palissy comporte
1) les rustiques figulines ou poteries décorées de plantes, fruits, animaux
2) d'autres poteries décorées de bas-reliefs, d'arabesques.
Ouvrages principaux
1) Recette véritable par laquelle tous les hommes pourront apprendre à augmenter "leurs trésors"
2) Discours admirables de la nature, des eaux et des fontaines.
Un des nombreux enfants de Jules-César Scaliger venu de Vérone (Italie), Joseph-Juste naît à Agen en 1540 ; sa famille s'appelait Della Scala (de l'escale), en latin Scaliger.

Après avoir été pensionnaire, avec ses frères, au Collège de Guyenne à Bordeaux, il est étudiant à Paris. Il arrive à connaître 13 langues.
Son renom est lié à des travaux d'humaniste : il fait éditer Catulle, Tiburce et Properce, en 1577. Son ouvrage De emendatione temporum paru en 1583 et le Thesaurus temporum, paru en 1606, ont fondé la chronologie romaine; le De re nummaria en 1606, la numismatique.
En 1563, il accompagne dans son ambassade, Louis Chasteigner de La Roche-Posay. Est-ce à ce moment qu'il se tourne vers la Réforme ?
Après la Saint-Barthélemy, on le retrouve à Genève où il enseigne la philosophie de 1572 à 1574.
Il finit sa vie à l'Université de Leyde, aux Pays-Bas, comme professeur, s'intéressant non seulement aux langues grecque et latine, mais aussi à l'arabe. Il se livre à des travaux sur la chronologie et l'épigraphie latine. Son portrait est dans la salle des conférences du musée d'archéologie d'Amsterdam.
Il mourut du scorbut en 1609. On l'inhuma à Leyde et on lui éleva une plaque commémorative qui existe toujours dans la grande église Saint Pierre.
Presque toute son oeuvre est rédigée en latin.
Fils de François d'Estrades, qui fit construire l'hôtel par où l'on entre au Musée, et de Suzanne de Secondat de Roques (aïeule de Montesquieu), Godefroy d'Estrades naquit à Agen en 1607.

Son père fut gouverneur du prince de Vendôme, c'est peut-être pour cette raison que le jeune Godefroy fut écuyer de cette Maison. Plus tard capitaine des Gardes, distingué par le cardinal Mazarin, il est chargé de négocier avec le Prince d'Orange. Mestre de camp d'un régiment d'infanterie française en Hollande, en 1643, c'est encore le Prince d'Orange qui lui offrira asile lorsqu'il sera poursuivi par le Parlement de Paris pour avoir servi de second à Gaspard de Coligny dans un duel contre le duc de Guise.
Défenseur de Dunkerque contre les Espagnols en 1652, il en devient le gouverneur.
En 1653, pour réprimer la Fronde, il entre à Bordeaux, dont il est nommé maire perpétuel. Il est reçu triomphalement à Agen. Il conduit des troupes en Catalogne et au Piémont, compte parmi les négociateurs du traité des Pyrénées, devient ambassadeur à Londres. Il franchit le Rhin aux côtés de Louis XIV et participe à la conquête de la Hollande.
Maréchal de France en 1675, il est un des principaux négociateurs des traités de Nimègue, en 1678-1679, qui faisaient de Louis XIV, pour un temps, l'arbitre de l'Europe.
Vers la fin de sa vie, il fut gouverneur du jeune duc de Chartres, le futur Régent.
Il ne revint pas à Agen où il avait, cependant, épousé en 1637 Marie de Lallier du Pin, dont il eut quatre garçons.
Il mourut à Paris en 1686.
Originaire de Nérac où il naquit le 13 octobre 1713, lieutenant assesseur civil et criminel au présidial de cette ville en 1738, Romas est surtout connu pour ses recherches dans le domaine de la physique.

Il s'occupe surtout de mécanique, de géographie, de navigation, d'agriculture et d'électricité. C'est un autodidacte. Le 12 juillet 1752, dans une lettre à l'Académie de Bordeaux, il rend compte de ses observations sur l'électricité obtenue avec une barre isolée et exposée à l'air en temps d'orage. Le premier, il utilise les cerfs-volants électriques et fait de nombreuses expériences chez son ami, le chevalier de Vivens, à Clairac, et au château de la Tuque à Mézin.
Première expérience publique : le 14 mai 1753.
Deuxième expérience et succès triomphal : le 7 juin 1756.
L'Académie des Sciences de Paris le nomma membre correspondant et, dans sa séance du 4 février 1764, elle lui reconnut la priorité sur Franklin pour le cerf-volant électrique, Franklin restant l'inventeur du paratonnerre. Sa ville lui a élevé en 1911 une statue en bronze que les Allemands s'approprièrent.
Principaux cours : Mémoires sur les moyens de se garantir de la foudre dans les maisons.
Romas finit ses jours à Nérac et mourut le 21 janvier 1776.
Né à Agen le 15 février 1797, il fait des études juridiques et commence une carrière d'avocat.

Nommé procureur général près de la Cour d'Agen en 1830, il est député en 1831 puis, en 1832, nommé conseiller d'État. Cela lui donne l'occasion d'intervenir dans la réforme du Code pénal, en particulier pour demander l'abolition de la déportation. Il est vice-président du Comité de Législation en 1840 et membre de la Commission chargée des Affaires d'Algérie en 1842.
Guizot, président du Conseil, l'appelle en 1843 pour être ministre des Travaux publics ; à ce titre, il prend une grande part à l'organisation des chemins de fer en France, des ports de commerce, des routes ; il appuie le projet du canal latéral à la Garonne, gardant l'écoute de sa région où il fut, en 1837, président de la Société académique d'Agen.
En 1847, Dumon fut ministre des Finances, jusqu'à la révolution de 1848 où il accompagne dans son exil la famille d'Orléans. Il revient à Paris à l'avènement du Prince-Président, mais ne joue plus de rôle politique. En 1859, il est membre de l'Académie des Sciences morales et politiques.
Il mourut à Paris le 24 février 1870.
Né à Agen le 25 septembre 1850, d'un père modeste maréchal-ferrant, vétérinaire empirique, c'est peut-être à son enfance qu'il dut un grand intérêt pour les animaux.
Il mena à la fois des études de médecine et des études vétérinaires.
Après avoir été chef des travaux anatomiques à l'École d'Alfort en 1874, il est chargé en 1884 des cours d'anatomie générale et d'histologie à l'École de Médecine de Toulouse, avant d'être nommé directeur de l'École vétérinaire de cette ville, en 1888. Une santé précaire l'oblige à se retirer en Suisse, à Vevey et c'est au bord du Lac Léman qu'il mourut en 1906.
Né à Massas, près de Hautefage, le 4 novembre 1752, il est le fils d'un Conseiller du roi au présidial d'Agen. Co-fondateur de la Société académique, il quitte bientôt notre ville pour mener une carrière militaire et politique.

1791 : il est procureur-syndic du département de Lot-et-Garonne. 1792 : élu à l'Assemblée législative, il en est le président en avril. 1793 : général de brigade, il est accusé de "fédéralisme" devant le Comité de Salut public.
En 1796, élu par le Lot-et-Garonne au Conseil des Anciens, il passe ensuite aux Cinq-Cents. Le 19-Brumaire, il se rallie au Premier Consul. Avec Bonaparte, les honneurs pleuvent sur lui : conseiller d'État, gouverneur de Polytechnique, membre de l'Institut, général de division, en 1806, grand officier de la Légion d'Honneur, ministre d'État en 1807, il est fait comte de Cessac en 1809.
Il s'élève contre la campagne de Russie et contre la continuation de la guerre.
Sous la Restauration, il s'éloignera de la scène politique et ne reparaîtra, comme Pair de France, qu'avec les Orléans, en 1831. Il assiste au retour des cendres de l'Empereur en décembre 1840.
Il mourut le 14 juin 1841, âgé de 89 ans.
Né dans la paroisse de Saint-Hilaire d'Agen, le 26 décembre 1756, il passe sa jeunesse sur les coteaux de Saint-Cirq avant de suivre les cours du collège des Jésuites d'Agen, depuis la nouvelle maison acquise par son père sur la Plateforme et qui est devenue en 1975 la bibliothèque municipale.

Il montre de bonne heure du goût pour l'histoire naturelle (sa grande passion) et pour la musique. Il crée à Agen la Société académique en 1776, s'installe à Paris la même année et y demeure jusqu'à sa retraite ; fils spirituel et continuateur de Buffon, professeur au Muséum, membre de l'Institut, il classe et catalogue les collections du Jardin du Roi (Muséum national) et complète et achève l'Histoire naturelle de Buffon. Député extraordinaire d'Agen à l'Assemblée constituante, il est ensuite député de Paris à l'Assemblée législative, qu'il préside en 1791.
Sous la Convention, sa modération le rend suspect et il se réfugie avec ses amis près de Montlhéry. Il y épouse la veuve d'un ami. En 1795, il est rappelé pour diriger le Muséum et admis à l'Institut. Remarqué par Bonaparte, il fait partie des premiers sénateurs de l'an VIII. Le 21 août 1803, Lacépède est désigné comme premier grand chancelier de la Légion d'Honneur, tout en continuant de jouer au Sénat un rôle de premier plan. Rallié à Louis XVIII, puis aux Cent-jours, il renonce définitivement à la politique après Waterloo. Retiré à Épinay-sur-Seine, près d'Enghien, auprès des enfants de sa femme, il partage son temps entre l'Institut et des publications scientifiques.
Il meurt de l'épidémie de variole en 1825, le 6 octobre, et repose au cimetière d'Épinay. Principaux ouvrages : La Poétique de la musique, Histoire naturelle des quadrupèdes, Ovipares et des serpents, Histoire naturelle des Cétacés, Histoire naturelle des Poissons. Lacépède a continué l'oeuvre de Buffon : Histoire générale, physique et civile de l'Europe.
D'une famille originaire de l'Artois, implantée en Agenais au XVe siècle, il naquit le 20 août 1757 dans l'ancien hôtel de Maurès (rue Henri-Martin) à Agen.

A dix-sept ans, il commence sa carrière militaire dans l'artillerie. En 1778, il est capitaine au régiment du Royal-Cavalerie, puis aide de camp du maréchal comte de Vaux. En 1784, il est colonel au régiment de Bretagne.
Attiré à la Cour, on le trouve surtout dans l'entourage des Orléans. En 1786, il a épousé la fille de Madame de Genlis, la célèbre femme de lettres.
La Révolution de 1789 arrive et Timbrune-Valence est député suppléant de la noblesse de Paris. Il commande les gardes nationales de la Sarthe. En 1790, il est maréchal de camp dans l'armée de Luckner, la fameuse armée du Rhin, puis il est à la tête des grenadiers.
Timbrune-Valence s'illustre à Valmy où il commande l'aile gauche ; général en chef de l'armée des Ardennes, en 1792, il reçoit la capitulation de Namur, seconde Dumouriez dans la campagne de Belgique, se distingue en 1793 à Nerwinden où il est gravement blessé ; désapprouvant les excès de la Révolution, il doit fuir et se réfugie dans le Holstein.
Le Premier Consul le fait revenir après le 18-Brumaire, Sénateur de la Haute-Marne en 1803, il est engagé dans les guerres de l'Empire : Espagne, Lithuanie, défense de Besançon en 1813.
Quoique sénateur depuis 1805, il signe la déchéance de l'Empereur après les Cent-jours, Pair de France sous la Restauration, il meurt à Paris le 4 février 1822.
• Roger LOURET, Les Baladins en Agenais en Lot-et-Garonne. Sa troupe s'installe
• La famille BRU, fondatrice des Laboratoires UPSA Docteur Nicole Bru : Présidente des Laboratoires UPSA de 1989 à 1994, créée à Agen l'Association Docteurs Bru.
Il naquit rue des Charretiers à Agen, le seize ventôse an VI de la République (6 mars 1798), un jeudi-gras, pendant un charivari fait à un voisin.

Il fait ses études au Petit Séminaire (Centre culturel actuel), puis son apprentissage de coiffeur près de la Préfecture et s'installe sur le Gravier comme perruquier. En 1818, à vingt ans, il épouse Anne-Marie Barrère, dite Magnounet, dont il aura un fils Edouard.
Son goût de la lecture l'amena à écrire lui-même. Et ses poésies en langue d'oc, il les récite à sa clientèle agenaise, jusqu'au jour où Charles Nodier, entré par hasard dans son magasin et l'ayant entendu, lui ouvre les salons de Paris et lui donne la gloire. Elle l'oblige aux incessants festivals donnés dans une trentaine de villes de France, le produit de ces soirées étant laissé aux oeuvres de bienfaisance.
En 1842, il est reçu à Paris par le roi Louis-Philippe. Ses vers sont rassemblés en quatre volumes et intitulés Les Papillottes. On y retrouve ses souvenirs d'enfance agenaise, des chansons patriotiques en référence aux événements qu'il vécut, des récits sentimentaux sur L'Aveugle de Castelculier, Le Médecin des Pauvres, Marthe l'innocente ou Françonnette, "Les deux frères jumeaux, La semaine d'un fils et des morceaux plus brefs ou bien des adresses à d'importants contemporains ou aux villes qu'il honora de sa venue. Lamartine l'appelle l'"Homère sensible et pathétique des prolétaires".
Le 27 décembre 1856, le député d'Agen Henri Noubel lui offre au nom de la ville, la "couronne du berceau". Cérémonie très émouvante au Grand Séminaire. Auparavant, il avait reçu la Légion d'Honneur en 1845, le prix Monthyon en 1852 et Toulouse l'avait admis en 1854 à la Société des jeux floraux. Au cours de sa carrière de poète et de diseur, il y eut 12.000 séances de près d'un million et demi de recettes pour les pauvres et les églises.
Ce "Troubadour de la charité" dont la popularité et la célébrité furent immenses, a marqué la vie culturelle de son époque.
Il mourut le 5 octobre 1864 à Agen, ayant redonné un lustre à la langue d'oc.
Sa statue, sur la place qui porte son nom, fut inaugurée le 12 mai 1870 en présence de Frédéric Mistral.
Pourquoi le buste de Montesquieu dans la Salle des Illustres Agenais, alors qu'il est, pour le monde entier, de Bordeaux et de la Gironde ?

Parce que si "l'air, les raisins, le vin des bords de la Garonne sont d'excellents antidotes contre la mélancolie", comme l'affirme notre célèbre publiciste, ce sont les vignes de l'Agenais qui lui ont inspiré d'abord ces paroles.
Avant d'être Montesquieu, la famille de Secondat de Roques est du Berry et, dans la première moitié du XVIe siècle, de l'Agenais.
C'est l'arière-arrière-grand-père de Montesquieu, Jean de Secondat de Roques, maître d'hôtel d'Henri II d'Albret, puis de sa fille, Jeanne, qui reçoit, en 1561, la terre de Montesquieu en Agenais et la seigneurie de Goulard, terre érigée en baronnie pour le fils de Jean par le roi Henri IV.
Suzanne, fille de Jean, épousa en 1604 le comte d'Estrades.
Au XVIIe siècle les Secondat possédaient un hôtel dans Agen, rue Richard-Coeur-de-Lion et l'Hôtel de Raymond, qui est resté dans la famille.
La sépulture des Secondat était au couvent des Augustins, détruit à la Révolution, et remplacé par l'Institution Sainte-Foy.